Le roi du tube de dentifrice en Suisse

Français du monde samedi 2 juin 2012
Le roi du tube de dentifrice en Suisse

D'emblée,
le jeune homme corrige: "un tube de dentifrice, ce n'est pas comme dans
le film  "Charlie & la
chocolaterie", on ne le remplit pas par le haut mais par le bas, et
ensuite on le referme !" Stanislas Labeyrie, 37 ans, vit depuis 2005 à
Zurich, comme cadre commercial pour PackSys Global, l'un des leaders mondiaux
de la fabrication de machines pour la production d'emballage, en particulier
les tubes de dentifrice. " On pense toujours aux banques et aux
coffres-forts, mais la Suisse est aussi historiquement spécialisée dans la
machine-outil, témoigne le Français, en particulier Zurich où il y a toute une
vallée avec de petites entreprises qui ont un vrai savoir-faire dans ces
technologies de pointe."

Parlez-vous
"globish" ?

La
société emploie 150 personnes en Suisse et 400 en Thaïlande. Elle distribue ses
lignes de production partout dans le monde, en particulier dans les pays
émergents. "En Inde, en Chine ou au Brésil, la croissance va à un rythme effréné,
constate le jeune homme, célibataire. Il y a 5 ou 6 ans, on ne voyait là-bas
que des produits importés. Aujourd'hui, la population a de plus en plus accès à
l'hygiène dentaire ou à la beauté, et la production se fait sur place."
Stanislas passe donc la moitié de son temps dans les avions et à visiter ses
clients à l'étranger, des fabricants d'emballages. Même à Zurich,
l'environnement international s'impose: "On n'est que deux Français dans
l'entreprise. Rien que dans l'équipe commerciale, il y a 10 ou 11 nationalités.
Pour communiquer, on utilise ce qu'on appelle le "globish", un
anglais pas forcément le plus académique, mais que tout le monde
comprend."

Un
carton dans l'emballage

Fils
d'une famille de viticulteurs à Haux, près de Créon, Stanislas Labeyrie a
d'abord essayé de travailler avec ses parents sur la propriété, mais,
confesse-t-il, "à 23-24 ans, je ne l'ai pas senti. Autant le domaine du
vin est fascinant, et je garde un oeil dessus, autant j'ai pensé qu'il était
mieux de faire ma vie tout seul." Titulaire d'un BTS en commerce
international au lycée Brémontier de Bordeaux puis diplômé de Sup de Co, le
jeune homme entre un peu par hasard dans le secteur de l'emballage d'abord aux
cartonneries d'Abzac, près de Coutras, en Gironde. Il est ensuite embauché par
le groupe papetier Gascogne à Dax, dans les Landes, avant la Suisse il y a 7
ans. "Les Français s'installent plutôt à Genève ou Lausanne, alors que
Zurich est devenue une ville jeune et dynamique, avance Stanislas, et sûre où
les enfants de 3 ans vont seuls à pied à l'école. Ce n'est plus une plaque
tournante de la drogue comme on en avait l'image il y a quelques années
encore." Revers de la médaille : Zurich a été classée en 2011 la ville la
plus chère du monde. Du coup, vu la flambée des prix des loyers, Stanislas a du
quitter son appartement du quartier branché de Kreis 4 pour un logement à l'extérieur
de la ville.   

Lui
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Aller plus loin

Sa société PackSys Global

Retrouvez ce portrait dans le livre "S'expatrier, vous en rêvez, ils l'ont fait !", 100 portraits d'expatriés français aux éditions Studyrama

Retrouvez ce portrait dans le magazine régional d'informations Objectif Aquitaine