Hôtelier à succès en Thaïlande

Français du monde samedi 28 avril 2012

Il
en parle encore de l'émotion plein la voix. Pour Claude De Crissey, le tsunami de
décembre 2004 reste un souvenir indélébile. "Au moment de la vague, ma
femme était enceinte de sept mois, raconte-t-il. Elle a couru à perdre haleine
vers les hauteurs et s'en est sortie, avec le bébé." Pour le reste, le
Français a tout perdu dans le raz-de-marée. La grande maison d'hôtes qu'il
avait achetée puis reconstruite de ses mains quelques années plus tôt à Patong,
sur l'île de Phuket, a été balayée par les eaux comme un château de cartes. "Vous avez une affaire qui marche, et du jour au lendemain, tout
s'arrête, comme quelqu'un qui éteint la lumière." Mais Claude De Crissey
s'est retroussé les manches et bientôt la "Cocoteraie", ses 36
chambres à l'ambiance tropicale et ses paillottes à l'architecture thaïlandaise,
a attiré à nouveau les touristes français, allemands et scandinaves en quête de
dépaysement. Quant à l'image souvent sulfureuse que l'on a de Phuket, Claude
veut en finir avec les amalgames: "Quand je rentre en France, on me dit "Tu as un bordel !". C'est vrai qu'il y a beaucoup de trucs nuls,
mais on n'est pas obligé d'aller faire le pédophile. Je connais plein de gens
qui sont allés à Paris sans passer par Pigalle ou le bois de
Boulogne."

Génial
touche-à-tout

Claude
De Crissey, la soixantaine alerte, s'est aussi diversifié. Arrivé en Thaïlande
en 1997, il dirige aujourd'hui trois centres de plongée et possède, à Bali,
trois bateaux de 15 et 18 places qui emmènent les touristes en croisière
découvrir les fonds sous-marins de la région. Génial touche-à-tout, Claude De
Crissey a aussi ouvert à Patong un restaurant français, "la
Boucherie", où il propose entre autres quelques plats du sud-ouest. "Quand je suis arrivé en Thaïlande, se souvient-il, mon gros problème
c'était de manger. La cuisine thaïe, au bout d'un moment, on s'en lasse un peu.
Pendant longtemps, il n'y avait qu'un restaurant où on pouvait manger un steak
correct. Je me suis dit : "je vais monter un restaurant de viande !"
Trois heures par semaine encore, il joue les anges-gardiens en patrouillant le
soir dans les rues de Phuket, comme volontaire de la police touristique. "On donne un peu de temps pour aider les étrangers en situation critique,
pour des histoires de motos, de location de jet-ski ou d'hôtels. On a des cas
tous les jours, qu'on règle parfois en deux coups de fil."

Installation
de cuisines équipées

Lycéen
à Grand-Lebrun à Bordeaux, fils de deux parents de retour d'Algérie, Claude De
Crissey a atterri un peu par hasard en famille dans le Sud-ouest. Rapidement
entré dans la vie active, le jeune homme sera commercial, "j'ai tout
fait, de l'électroménager au vin en passant par le mobilier contemporain,
résume-t-il. J'étais un franc-tireur, on m'envoyait au charbon !" Il
passera ensuite quinze ans, à partir des années 70, à vendre de l'installation
de cuisines équipées, "à l'époque, c'était un produit nouveau. Les gens
avaient tous encore des buffets." En Thaïlande, c'est la dune du Pyla qui
lui manque le plus : "je suis un fou de vol libre, et c'est là que j'ai
appris à voler quand j'étais plus jeune." Alors, quand son emploi du temps le
lui permet, c'est en Indonésie, où se trouvent ses bateaux, à 3
heures
d'avion de Phuket, qu'il s'échappe pour aller faire du parapente.

Lui
écrire
 

Son
site internet

Retrouvez ce portrait dans le livre "S'expatrier, vous en rêvez, ils l'ont fait !", 100 portraits d'expatriés français aux éditions Studyrama

Retrouvez ce portrait dans le magazine régional d'informations Objectif Aquitaine