Expliquez-nous : le blasphème

Expliquez-nous par Gilbert Chevalier mercredi 14 janvier 2015
écouter l’émission disponible jusqu'au 09/10/2017
Charlie Hebdo du 14 janvier lu dans le métro parisien
Charlie Hebdo du 14 janvier lu dans le métro parisien © Sipapress

D'après la définition du Petit Larousse un mot, une expression, un dessin, pourquoi pas un geste : tout ce qui insulte le caractère sacré d'une religion est un blasphème. Le délit de blasphème a disparu du droit français depuis 188. Excepté en Alsace-Moselle mais le texte n'est jamais utilisé.

À peu près toutes les religions sont concernées. Dans l'Islam le mot n'existe pas en tant que tel. On emploie plutôt le terme d'apostasie qui signifie abandonner la religion. Critiquer ou insulter Dieu pour un musulman c'est evidement abandonner la religion. Si l'attaque vient d'un non musulman,  il sagit d'une insulte à l'ensemble de la communauté. Mais en gros, la notion reste a peu près la même.

Reste à savoir concrètement ce qui est blasphématoire

Et la on entre forcément dans l'interprétation difficilement codifiable. On est plus ou moins tolérant selon ses pratiques religieuses. Et toutes les religions ont des débats la dessus. L'Islam y compris. Ce matin l'Iran a condamné le "geste insultant" de Charlie Hebdo et sa couverture représentant le prophète Mahomet, estimant que ce dessin "porte atteinte aux sentiments des musulmans". L'abus de la liberté d'expression actuellement en Occident n'est pas acceptable, a affirmé le porte-parole de la diplomatie  iranienne. En France le délit de blasphème n'existe pas dans la loi.

Le delit de blasphème a disparu du droit francais depuis 1881. Excepté en Alsace- Moselle. Cette région était allemande en 1881 mais en Alsace-Moselle, le texte n'est plus utilisé. Lorsqu'une militante Femen est montée sur l'autel de la cathédrale de Strasbourg seins nus avant la venue du pape, l'archevêque n'avait pas invoqué ce délit en portant plainte. "Nous n'avons plus besoin de revendiquer ce délit de blasphème", avait affirmé Monseigneur Grallet au micro de France Bleu Alsace.
 
En France les pouvoirs publics utilisent d'autres moyens légaux pour protéger éventuellement les religions.
Par exemple, une ex-militante des Femen a été condamnée en décembre à un mois de prison avec sursis pour exhibition sexuelle après avoir mené une action seins nus dans l'église parisienne de la Madeleine. Elle a également été condamnée à verser 2.000 euros de dommages et intérêts au curé de la Madeleine.
 

Des sanctions pouvant aller jusquà la peine de mort
 

Dans le Monde,  près d’un pays sur deux disposent de lois ou de politiques qui pénalisent le blasphème ou l’apostasie selon une étude du Think Tank americain Pew research center. Ces lois prévoient des sanctions pouvant aller jusqu’à la peine de mort dans certains pays par exemple au Pakistan et en Iran. Dernièrement en Mauritanie un homme a été condamné à mort pour ce motif. 
 
En Europe, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Grèce ont encore dans leur code penal le délit de blasphème . quasiment jamais utilisé. Sauf qu'en Grèce, l'année dernière à l'initiative de l'extrème droite Aube Dorée un blogueur a été condamné à dix mois de prison avec sursis pour  blasphème et  insulte à la religion. Il avait parodié un célèbre moine grec orthodoxe. Le conseil de l'Europe a préconisé le réexamen de ces lois compte tenu du principe démocratique de la séparation de l’Église et de l’État.