La "panique chevelue" envahit les rues d'une ville australienne

En direct du monde par Alexis Morel, Caroline Lafargue lundi 29 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 24/11/2018
Herbes folles - photo prétexte
Herbes folles - photo prétexte © Fotolia

Certaines rues de Wangaratta sont envahies par une herbe folle surnommée la "panique chevelue". Cette herbe s'entasse devant les portes des maisons. Elle forme des tas qui atteignent deux mètres de haut et recouvre tout, y compris les voitures. à Wangaratta, il faut désormais déblayer cette panique chevelue plusieurs fois plusiueurs fois par jour.

Il y a deux raisons principales, une raison agricole et une raison climatique. La panique chevelue s’est développée sur des champs situés juste à la limite de la petite ville de Wangaratta. L’agriculteur n’a pas entretenu ses champs depuis un an, et cette mauvaise herbe a donc proliféré. Et puis l’été est venu, apportant la sécheresse. Donc les paniques chevelues ont séché sur pied, elles sont devenues plus légères, et elles s’envolent au premier coup de vent. Et elles viennent s’accumuler autour des maisons proches des champs. Deux rues sont concernées. Et ça dure depuis avant Noël. 

Les images de maisons ensevelies sous les herbes sèches ont fait le tour du web il y a une dizaine de jours... depuis, est ce que la situation s'est améliorée?

Le phénomène continue. J’ai parlé à Joan Lloyd ce matin, une habitante (de Wangaratta) qui vit vraiment juste à côté des champs. Et elle a encore passé 4 heures hier à déblayer ces herbes, pour pouvoir sortir de chez elle. Un tas de panique chevelue obstruait sa fenêtre. “C’est totalement surréaliste, un cauchemar, car je suis claustrophobique, dit-elle. Joan Lloyd vit dans cette maison depuis 17 ans, et c’est la première fois qu’elle voit une telle quantité de paniques chevelue.

Quelles mesures a pris la mairie pour tenter de contrer cette invasion ?

Elle a du déployer des agents municipaux armés d’aspirateurs à feuilles lundi dernier. Ça a marché dans quelques endroits, mais pas chez Joan Lloyd. Le problème, c’est que légalement, les autorités ne peuvent pas forcer l’agriculteur à prendre des mesures pour éradiquer les paniques chevelues. Donc Joan Lloyd a contacté l’agriculteur pour faire un arrangement à l’amiable. Il a promis de brûler ses champs dès la sortie de la sécheresse, quand il n’y aura plus de risque que le feu se propage ailleurs. En attendant, certains habitants proposent d’utiliser les mauvaises herbes pour fabriquer des épouvantails, ou de louer des chèvres pour les brouter.

Mais ce phénomène d'invasion par la panique chevelue... est ce qu'il pourrait toucher d'autres villes, devenir plus fréquent en Australie ?

Il faut habiter près d’un champ, donc cela ne peut toucher que les villes rurales. Et pour ces villes-là, le phénomène peut s’accentuer. Car d’après le Conseil du Climat, un organisme australien indépendant, à cause du changement climatique, les sécheresses sont de plus en plus intenses et longues dans le sud-est de l’Australie. Donc les conditions sont parfaites pour l’envol de la panique chevelue déséchée.