Guingamp, les "paysans" sont de retour ?

Cinq jours à la une jeudi 1 mai 2014
écouter l’émission disponible jusqu'au 17/10/2016
Guingamp, les \\\"paysans\\\" sont de retour ?

Parfois encore aujourd'hui, on se frotte un peu les yeux au moment de constater
sur place cette réussite qui tient presque du miracle. Guingamp, sous-préfecture
des Côtes d'Armor, peuplée par 8.000 personnes, est aujourd'hui sans doute le
club préféré des Bretons. En tout cas celui en lequel beaucoup de personnes
rencontrées au fil de nos reportages semblent pencher naturellement pour cette
finale qui l'oppose à Rennes.

Un succès permis par le caractère "simple" et
combatif de l'équipe, petit club qui veut croquer les plus gros. Des valeurs
pêle-mêle d'humilité, de proximité, de courage et de combat, autant de garanties
d'une véritable adhésion populaire et régionale. A l'heure d'un foot-business
global et mondialisé, où dans la plupart des cas et des championnats c'est celui qui a
le plus d'argent qui remporte souvent le plus de trophées.

"On véhicule une image du foot différente, moins paillette, plus populaire" Bertrand Desplat, président du club  

"On véhicule une image du foot différente, moins paillette, plus populaire" Bertrand Desplat, président du club

Budget de 22 millions d'euros

Non pas que l'En
Avant Guingamp soit pour autant un club sans sou vaillant ou bâti sur une
structure associative, avec un budget estimé pour la saison en cours à 22
millions d'euros. C'est bien loin certes des cadors du championnat comme le PSG qui
peuvent en aligner près de vingt fois plus, pas assez non plus pour en faire une
entreprise "pauvre".

Et dans le monde parfois inégalitaire qu'est l'élite,
beaucoup se réjouissent - pour le symbole - de voir le club terrasser en
demi-finale de Coupe de France une équipe comme Monaco, à l'inverse définition
idéale du football moderne, mondialisé et opulent.

Les supporters de Guingamp
Matteu Maestracci Radio France

Les supporters de Guingamp © Radio France Matteu Maestracci

"Des tribunes où tout le monde se mélange"

Mais ces valeurs qui
pourraient pour le profane sembler un brin "factices" ou démagogiques, sans
parler du risque de se complaire dans la posture un peu paranoïaque du "petit"
qui doit lutter en permanence, sont bien d'actualité et prégnantes, surtout dans
une région de caractère, touchée par la crise de son modèle agroalimentaire, où
les combats du quotidien se font chaque jour plus rudes.

Qui mieux que le club
de Guingamp peut fédérer différentes couches de la population locale dans cette
identité forte, qu'on retrouve jusque dans la toponymie de la ville elle-même, "Gwengamp" en breton, issu des mots "gwenn" voulant dire heureux, et "kamp" signifiant
combat.

Jocelyn Gourvennec l\\\'entraîneur de Guingamp
Matteu Maestracci Radio France

"Toutes les couches de la société se retrouvent au stade" - Jocelyn Gourvennec, entraîneur   

"Toutes les couches de la société se retrouvent au stade" - Jocelyn Gourvennec, entraîneur

Si ce modèle iconoclaste semble sorti de nulle part, comme un
ovni sportif en plein coeur de la Bretagne, il fait parfois des jaloux dans le
monde amateur régional qui se demandent à voix basse comment une ville de 8.000
habitants a pu en 1990 financer un stade de 18.000 places à une époque où il
évoluait encore en deuxième division.

Le gendre de Noël Le Graet à la tête du club

Et la réussite de Guingamp est aussi celle
d'un homme qui compte parmi les Bretons les plus célèbres, Noël Le Graet, chef
d'entreprise, ancien président du club (1972-1991), ex-président de la Ligue
nationale de foot (1991-2000) puis maire PS de la ville de 1995 à 2008,
aujourd'hui à la tête de la Fédération Française de Football. Difficile de
trouver, à Guingamp et ses alentours, une seule personne pouvant en dire du mal,
même hors micro, et tous connaissent sa "success story" de simple commercial
devenu patron d'une entreprise de 700 salariés.

Aujourd'hui, c'est
d'ailleurs son gendre Bertrand Desplat qui est à la tête du club depuis 2011, et
insiste tout autant sur ces fameuses valeurs de "travail et d'effort". Mais les
résultats sont aussi une partie importante de la réussite d'un club, et Guingamp
semble avoir assuré son maintien en ligue 1 en battant Valenciennes lors d'un
match décisif, samedi lors de la 35e journée de ligue 1. Alors une Coupe de
France, qu'il a déjà remporté en 2009, et déjà face au voisin rennais en finale,
ne serait qu'un beau chapitre de plus d'une histoire décidément pas
banale.

La mairie
Matteu Maestracci Radio France

La mairie de Guingamp © Radio France Matteu Maestracci

Philippe Le Goff, maire PS de Guingamp
MM Radio France

Alors, Guingamp, un foot de gauche ? Réponse de Philippe Le Goff, élu maire PS de Guingamp aux dernières municipales  

Alors, Guingamp, c'est un foot de gauche ? Réponse de Philippe Le Goff, élu maire PS de Guingamp aux dernières municipales