Les cinéastes développent le thème de la survie

Cinéma week-end par Florence Leroy samedi 20 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 15/11/2018
Le vendredi 19 février 2016

Judith Chemla, Nicolas Duvauchelle et Leonardo DiCaprio sont les invités de ce "Cinéma week end". Et il est souvent question de survie en ce moment dans les salles...

La survie occupe les cinéastes et les acteurs, qu'il s'agisse de survivre en pleine nature comme Leonardo di Caprio dans "The revenant", de survivre à l'humiliation  comme les prostituées marocaines de "Much loved" à qui Nicolas Duvauchelle offre la séance de rattrapage du jour, qu'il s'agisse encore de survivre à la mort d'un proche comme le fait la comédienne Judith Chemla dans "Ce sentiment de l'été", à l'affiche depuis mercredi.

"Ce sentiment de l'été"

Le vendredi 19 février 2016

Dans "ce sentiment de l'été",  le jeune réalisateur Mikhaël Hers observe avec beaucoup de délicatesse le retour à la vie du petit ami et de la sœur d'une jeune femme qui vient de disparaitre brutalement. Sur trois ans, le temps de trois étés, entre Berlin, Paris, et New York, la caméra suit avec beaucoup de douceur ces personnages en deuil, elle se pose sur les visages et les regards d'abord éteints et noyés , et puis où la tristesse progressivement laisse place à quelques sourires et à la vie qui reprend ses droits, au fil des gestes les plus simples. Le film est très lent, souvent silencieux, mais empreint d'une douceur qui touche, tout comme la force que ces survivants trouvent dans la bienveillance qui les rassemble,  et qui a ému Judith Chemla : "Pour moi, c'est vraiment un film sur ce qui tient les gens ensemble, ce qui retient les gens à la vie, ce qui redonne leur dimension nécessaire à des touts petites choses, toutes simples, comme faire attention à quelqu'un ou aller à une fête, des petites choses qui sont immenses, qui sont des trésors à côté desquels on passe souvent, mais j'ai l'impression que, quand on perd quelque chose, il y a une autre sensibilité qui se développe, un autre regard sur le monde et sur ce qu'on traverse. Le film parle de cette appréhension de la vie après le choc, qui nous rend aussi capables d'être encore plus vivants."

La séance de rattrapage de Nicolas Duvauchelle

Nicolas Duvauchelle, qui sera la semaine prochaine à l'affiche de "Je ne suis pas un salaud", vous incite à ne pas passer à côté du film de Nabil Ayouch, "Much loved ", désormais disponible en vidéo, et qui vaut à la comédienne Loubna Abidar d'etre nommée au cesar de la meilleure actrice pour son rôle d'une prostituée marocaine, à la fois douloureuse, digne, et lumineuse,  dans ce film d'une crudité et d'un réalisme peu courants dans le cinéma marocain, et qui a donc touché Nicolas Duvauchelle : "Je trouve que c'est "couillu" d'avoir fait ce film, un film marocain sur ce sujet, avec ce constat de la réalité telle qu'elle est. Et l'actrice est géniale, le film est plein de vie, c'est un film dur mais c'est la vie, la vie est dure mais ça ne nous empêche pas de rigoler, et moi j'ai été emporter, il y a un truc très fort dans ce film sublime."

Le programme de la semaine à venir dans les salles

Parmi les films à voir mercredi prochain, il y aura donc celui d'Emmanuel Finkiel, "Je ne suis pas un salaud", avec Nicolas Duvauchelle dans le rôle d'un marginal désespéré et violent, et puis il y aura également le nouveau film, très attendu, d'Alejandro Gonzales Inarritu , "The revenant", avec Leonardo DiCaprio dans la peau d'un trappeur, laissé pour mort en pleine nature dans une Amérique sauvage et barbare, un film tiré d'une histoire vraie, tourné au Canada dans des conditions extrêmes, ce qui, pour Leonardio DiCaprio, en fait une véritable expérience de la survie : "Le fait de recréer l'histoire de cet homme, d'avoir été immergés dans la nature pour recréer son combat pour survivre, nous donnait des réponses sur lui et sur le sens de cette histoire : les relations de cet homme avec la nature, cette nature qui pouvait lui prendre la vie si facilement mais qui en même temps lui offrait de quoi survivre dans ce monde sauvage. C'est ce que j'ai vu dans le regard d'Alejandro la première fois où je l'ai rencontré : une volonté d'offrir une expérience existentielle ultra-réaliste. Et ce que vous voyez à l'écran, c'est nous en train de rejouer réellement l'histoire de cet homme."