Norwegian casse les prix sur les Etats-Unis : le low cost long courrier va-t-il enfin décoller ?

Chronique du ciel par Frédéric Beniada dimanche 28 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 23/11/2018
Norwegian, casse les prix sur les Etats-Unis : Le low cost long courrier va-t-il enfin décoller ?
Est-ce l’envol du low cost long-courrier ? © Norwegian

179 euros l’aller sur New York au départ de Paris, 199 euros sur Los Angeles ou Fort Lauderdale en Floride, pas très loin de Miami. Norwegian, aujourd’hui, troisième compagnie européenne "low cost" derrière, Ryanair et Easy Jet annonce le lancement l’été prochain de vols long-courriers sur les Etats-Unis, à des prix d’appels défiant toute concurrence. Est-ce l’envol du low cost long-courrier ?

Une concurrence déjà féroce

Ce n’est pas encore certain mais une chose est sûre. Cette offensive de Norwegian va accentuer encore un peu plus une concurrence, déjà féroce entre Paris et New-York.
La ligne est déjà desservie par au moins 8 compagnies, Air France, Delta, American, Open Skies, XL Airways, United et la Compagnie.

Norwegian n’est pas la première compagnie à vouloir casser les prix sur les liaisons transatlantiques. Le Britannique Freddie Laker s’y était essayé dans les années 70  avec son "Skytrain", suivi 20 ans plus tard, par le Belge City Bird. D’autres compagnies, comme Lufthansa avec Eurowings en Europe, ou Air Asia en Asie, tentent ou ont déjà tenté l’aventure "low cost " long courrier, jusqu’à présent, sans véritable succès.

Réduire les coûts avec des avions peu gourmands en carburant et un taux de remplissage de plus de 85%

C’est un fait, certains leviers qui ont fait le succès du "low cost" court-courrier ne sont pas transposables à des vols de plus de cinq heures, comme l’utilisation plus importante des avions, le demi-tour en 30 minutes, les temps de vol et repos des équipages.
Si les recettes du low cost permettent de réduire les coûts d’un peu plus de 60% dans le court-courrier, elles ne seraient que de 30% dans le long-courrier.
 
Alors comment Norwegian compte-t-elle s’y prendre ? D’abord avec l’utilisation d’avions très peu gourmands en carburant : des Boeing 787 flambants neufs. La compagnie d’Oslo espère ensuite atteindre un taux de remplissage de plus de 85%, c’est un point d’équilibre.

Un prix d’appel sans option

Et elle compte sur ce que l’on appelle les revenus annexes. Les tarifs les plus bas, limités à bord de l’avion ne comprennent, ni le repas à bord, ni le bagage en soute, ni l’écran vidéo, ni le choix du siège ou la couverture. Pour toutes ses options, il faudra compter en moyenne une centaine d’euros. 179 euros l’aller simple sur New York, c’est un prix d’appel difficile à trouver sur le site de la compagnie, les tarifs moyens en période de pointe varient plutôt aux alentours de 350 euros l’aller simple.

Cela reste légèrement en deçà des prix du marché, mais à quelques dizaines d’euros près, pas si éloigné finalement que certains tarifs proposés par XL Airways, Open Skies ou Air France, à condition de s’y prendre un peu en avance.

En attendant la semaine prochaine, vous pouvez retrouver plus de Chroniques du ciel sur notre page Facebook et sur notre compte Twitter.