L'A380 a-t-il du plomb dans l’aile ?

Chronique du ciel par Frédéric Beniada dimanche 3 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 28/09/2018
A 380
Les compagnies asiatiques prêtent à signer un contrat en ce début d’année © A 380 / Airbus

S’il est plébiscité par les passagers pour son confort et son silence, l’A380 n’a plus vraiment la côté auprès des compagnies aériennes.

 Un équilibre financier difficile à atteindre

Depuis sa mise en service commercial, en 2007, le géant d’Airbus n’a enregistré que 317 commandes, là où le constructeur européen en espérait entre 800 et 1200. Le programme peine à atteindre son point d’équilibre financier et depuis février 2014, aucune nouvelle commande n’a été enregistrée.

Le lancement du programme en 2000 reposait sur une croissance du nombre de passagers de l’ordre de 5% par an et surtout sur une stratégie des compagnies aériennes à s’engouffrer dans une politique de dessertes de "hubs" ces aéroports comme Roissy-CDG, Francfort, Atlanta, Singapour ou Dubaï, sorte de plaques tournantes géantes où convergent des milliers de passagers en transit.

 Un A380 compliqué à remplir

Au final, les méga-citées sont aujourd’hui peu nombreuses. La congestion des aéroports n’est pas aussi importante qu’attendue. En revanche, les dessertes de point à point, marché d’appareils comme le 787 de Boeing ou de l’A350 fonctionnent bien. Du coup, les compagnies clientes de l’A380, à l’exception d’Emirates ont du mal à remplir leur super jumbo.

Ajoutons que certains transporteurs n’ont peut-être pas suffisamment pris en compte les contraintes logistiques des aéroports pour accueillir un tel avion. Clairement, l’A380 peine à trouver sa place et occupe aujourd’hui un marché de niche. "Nous avons eu raison avec 10 ans d’avance" répète régulièrement Fabrice Brégier, le PDG d’Airbus.

 Vers une remotorisation du super jumbo ?

Pour relancer les ventes de l’A380, après avoir dit non, dans un premier temps, le constructeur européen étudie aujourd’hui, sérieusement la demande d’Emirates, qui souhaite une remotorisation du super jumbo, à l’instar de l’A320 ou de l’A330 Néo. Un nouveau moteur qui consommerait moins et qui offrirait plus de poussée pour emporter plus de passagers et aller plus loin.

Le problème c’est que la faiblesse des ventes de l’A380 n’incite pas les motoristes à se lancer dans l’aventure. L’autre solution moins couteuse pour Airbus, serait de repenser entièrement la cabine, pour augmenter le nombre de sièges à bord.  On étudie, par exemple la possibilité d’installer le poste de repos de l’équipage en soute pour gagner de l’espace ou de revoir la configuration de l’escalier menant au pont supérieur.

 Les compagnies asiatiques prêtent à signer un contrat en ce début d’année

L’année 2016 sera-t-elle l’année du véritable décollage de l’A380 ? Airbus espère beaucoup des compagnies asiatiques en attendant le relookage du super jumbo.

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