Co-avionnage : La DGAC a tranché

Chronique du ciel par Frédéric Beniada dimanche 17 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 12/10/2018
Le coavionnage s’apparente à du transport aérien pour la DGAC
Le coavionnage s’apparente à du transport aérien pour la DGAC © Radio France

Profiter des sièges vacants d’un avion de tourisme pour se déplacer d’un point A à un point B en ne payant qu’une petite participation aux frais. Sur le modèle du co-voiturage, le co-avionnage est une idée très séduisante, du moins sur le papier.

 Des sites de co-avionnage ont fleuri au printemps dernier

C’est ainsi que depuis le printemps dernier, la toile a vu apparaitre un certain nombre de sites comme Wingly, Coa-vmi ou Offwefly. Des sites qui proposent de mettre en relation pilotes et grand public et qui, au passage, empochent leur commission.

Mais on ne monte pas dans une voiture, comme on embarque dans un avion sans avoir vérifié l’état de l’appareil, son entretien, les compétences et l’expérience du pilote. Même si l’ensemble de ces sites se targuent de vérifier systématiquement les licences.
 
Mais quid en cas d’accident, de blessures ou de décès, ou plus simplement d’annulation du vol pour cause de mauvaise météo ?

Le co-avionnage s’apparente à du transport aérien pour la DGAC

En France, la réglementation permet à un pilote de partager les frais d’un vol privé avec les membres de sa famille ou ses amis. La donne est très différente lorsqu’il s’agit de proposer des vols en avion léger, en Cessna 172, DR400 ou en Cirrus au grand public. 

Pour étudier cet épineux dossier, la Direction Générale de l’Aviation Civile a réuni, à l’automne dernier, les représentants des plateformes de co-avionnage, de la Fédération Française d’Aéronautique, des personnels navigants techniques, des compagnies, des aéroclubs, de la gendarmerie du transport aérien et des douanes.
 
Le groupe de travail vient de rendre ses conclusions. La DGAC estime que le co-avionnage s’apparente à du transport aérien, du transport public ce qui implique pour les sites Internet en question d’obtenir un Certificat de transport aérien (CTA) et une licence d’exploitation. En clair, ils doivent fonctionner comme fonctionnent les  compagnies aériennes. Le transport public présente un haut niveau de sécurité bien supérieur à celui de l’aviation générale, reprécise la DGAC.

L’Europe n’a pas totalement clarifié sa réglementation

Au regard de la complexité d’un dossier d’obtention d’un CTA et de ses coûts, il est certain que ces sites Internet de co-avionnage vont disparaître.

Eux veulent encore y croire, d’autant que les positions des autorités de l’aviation civile britannique et allemande sont plus souples vis-à-vis de cette pratique et que l’EASA, l’Agence Europe de Sécurité Aérienne n’a pas totalement clarifié sa réglementation.

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