Air France sort du rouge, une première depuis 2007, mais rien n’est réglé

Chronique du ciel par Frédéric Beniada dimanche 21 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 16/11/2018
Air France sort du rouge
Ces résultats auraient pu être encore meilleurs, sans l’impact des attentats de Paris, dont le manque à gagner pour la compagnie est estimé à 120 millions d’euros. © Air France

Air France va légèrement mieux, pour autant, la compagnie n’est toujours pas sortie de la grave crise structurelle dans laquelle elle est engluée depuis des années.

La chute des cours du pétrole une aubaine pour Air France

Si les efforts des salariés, toutes catégories confondues, ont permis d’améliorer la compétitivité de la compagnie, les résultats positifs annoncés cette semaine, sont dû en partie à la chute des cours du pétrole.

Et ces résultats auraient pu être encore meilleurs, si les couvertures prises sur le carburant avaient été plus basses. Il faut savoir que les grandes compagnies achètent l’essentiel de leurs besoins en kérosène sur trois, six mois, ou plus à prix fixe et non pas, au cours du marché. Cela permet d’éviter de mauvaises surprises en cas de flambée des prix, à contrario, si les prix baissent et bien c’est tant pis pour elles.

Air France s’était déjà fait surprendre en 2009 avec des couvertures trop élevées. Dans le cas présent, à sa décharge, aucune compagnie aérienne, n’aurait pu imaginer que le baril de brut passerait sous la barre des 30 dollars.

La recette unitaire en baisse de 3%

Ces résultats auraient pu être encore meilleurs, sans l’impact des attentats de Paris, dont le manque à gagner pour la compagnie est estimé à 120 millions d’euros.
Air France sort du rouge et réduit sa dette d’un peu plus d’un milliard d’euros mais tous les voyants ne sont pas au vert.

D’abord, la recette unitaire, ce que rapporte un "siège-passager" au kilomètre, et bien cette recette unitaire a diminué d’environ 3%. Cela signifie notamment que les prix des billets d’avions ont baissé face à une situation de surcapacité. Ce n’est pas une très bonne nouvelle dans la mesure où la compagnie va devoir encore améliorer sa compétitivité.

Exercice complexe pour les dirigeants d’Air France-KLM : annoncer des bénéfices, tout en demandant de nouveaux efforts de productivité à ses salariés. Le commun des mortels ne comprend pas forcément.

 Transavia et Hop continuent de perdre de l’argent

Autre dossier toujours très sensible, le cas de Transavia France. Si l’on a beaucoup parlé de croissance de la « Middle Cost » du groupe, elle est aujourd’hui en terme de passagers transportés, la première compagnie « loisir » à Orly, ses pertes restent importantes et ses coûts de fonctionnement très éloignés, de ceux d’Easy Jet par exemple.

Le court moyen-courrier continue de perdre de l’argent, malgré un léger mieux du côté de chez Hop.

Sur le plan social, les choses n’ont fait que s’envenimer depuis la grande grève de septembre 2014. Elles ont atteint leur paroxysme en octobre dernier, avec l’épisode de la chemise déchirée et les sanctions qui ont suivi. Aujourd’hui, la rupture est totalement consommée entre la direction de la Holding et les syndicats de pilote. Tant la confiance entre les deux parties n’aura pas été rétabli, pas sûr que les négociations qui doivent reprendre, le mois prochain aboutissent à un accord concret.

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