Le télétravail permettrait de faire gagner 10 milliards d'euros à la France

C'est mon boulot par Philippe Duport jeudi 11 décembre 2014
écouter l’émission disponible jusqu'au 05/09/2017
Le télétravail = du temps gagné
Le télétravail = du temps gagné © Maxppp

Le télétravail, le fait de travailler chez soi quelques jours par semaine, on sait que c’est bon pour la qualité de vie. Mais ce serait aussi excellent pour l’économie.

Une économie réelle

Près de dix milliards d’euros par an. C’est le gain pour l’économie française que permettrait de réaliser la généralisation du "travail flexible" , ou du télétravail. C’est en tout cas une étude que France Info a pu consulter en exclusivité qui l’affirme. Une étude réalisée par le géant des nouvelles technologies Citrix… qui vend justement des solutions de travail à distance.

Alors d’où sort ce chiffre de 9, 8 milliards d’euros, pour être précis ? Tout d’abord, l’étude se penche sur un certain type de population bien précis. Les "knowledge workers". Un groupe qui réunit les consultants, les financiers de toute sorte, les métiers du web, les développeurs… De la matière grise dont les activités peuvent s’exercer un peu partout.

Des heures d'activité en plus

Citrix affirme que si l’ensemble de ces travailleurs, par nature plus nomades que les autres, pouvaient effectivement travailler deux jours par semaine à distance, ça ferait déjà gagner beaucoup d’argent à la société : économie de temps, économie de transport… En rentrant chez lui pour y travailler après un rendez-vous client par exemple plutôt que de repasser par le bureau, un travailleur de ce type pourrait gagner jusqu’à trois heures d’activité. Tout ça a un prix, naturellement.
Deuxième source de profit : quand on demande à ces  "travailleurs intellectuels" ce qu’ils feraient du temps gagné sur les transports, ils disent très majoritairement qu’ils en profiteraient… pour travailler davantage ! Ce serait donc autant de richesse créée.

Et comme ces travailleurs du savoir ne sont pas que des bêtes de somme, ils disent aussi qu’ils auraient plus de temps libre. Du temps pour dépenser l’argent qu’ils viennent de gagner en économisant du temps de trajet.Tout bénéfice pour l’économie nationale.
Que ces chiffres soient exacts ou pas, que la généralisation du travail flexible permette ou pas de faire gagner dix milliards à la France, une chose est sûre : la demande pour plus de flexibilité est bien là. Ceux qui y ont goûté ne veulent pas renoncer aux avantages du travail à distance. Plus de concentration, moins d’énergie dépensée pour rien, plus d’efficacité.

La culture doit changer

Cette demande est récente. Elle est permise par la technologie. Restent les schémas culturels à changer. Le management à faire évoluer pour que plus de travailleurs puissent travailler un ou deux jours en dehors du bureau sans pour autant passer pour des francs-tireurs démotivés. Ça arrive en France. Et si en plus, il est prouvé que c’est bon pour l’économie toute entière, alors le mouvement ne peut que s’accélerer.