Pour bien manger mieux vaut protéger les abeilles

C'est ma planète par Anne-Laure Barral samedi 13 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 08/11/2018
Les abeilles sont les gardiennes de la biodiversité : leur disparition serait catastrophique
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L'Inra, institut national de la recherche agronomique, a publié récemment une étude qui montre l'importance des pollinisateurs pour notre alimentation.

 Les cultures pollinisées par les insectes assurent plus du tiers de notre alimentation à l’échelle mondiale. Sans ces "travailleurs au noir", puisqu'on ne les paient même pas, on ne les déclare pas, fini les fraises, les céréales, les courgettes par exemple.
Toutes ces cultures ont besoin d'être pollinisées : c'est-à-dire que le pollen mâle et femelle se rencontre et se féconde, même si le vent peut faire de la pollinisation.

Les meilleurs agents pollinisateurs restent nos abeilles, nos papillons, nos bourdons

Une équipe internationale impliquant l’Inra révèle qu’en augmentant leur nombre et leur diversité, on accroît aujourd’hui le rendement des cultures de plus de 20 % en moyenne à l’échelle mondiale. 
35 chercheurs ont étudié sur 344 parcelles et 33 types de cultures différentes dans 12 pays à travers le monde. Et ils montrent que moins il y a d'insectes pollinisateurs moins les rendements des cultures sont importants.

Dans les parcelles plus grandes où il y a principalement des abeilles mellifères (qui font du miel), les chercheurs ont trouvé un gain de productivité similaire à celui que l'on retrouve lorsque la faune pollinisatrice est diversifiée. Mais lorsque cette diversité est faible, le gain de productivité est nul. C'est-à-dire que lorsque l’on augmente le nombre, mais également la diversité des insectes pollinisateurs, on accroît le rendement des cultures .

Pourtant les abeilles et les autres pollinisateurs ne se portent pas très bien

Au printemps 2015, selon une enquête menée par les apiculteurs français, certains avaient perdu 50% de leurs colonies. On attend de connaitre les chiffres de 2016 pour voir si leur surmortalité se poursuit. Les études montrent que les pesticides mais aussi des maladies et des espèces invasives comme le frelon asiatique font des ravages sur nos abeilles domestiques. Mais pour les pollinisateurs sauvages, c'est la disparition de leur habitat qui est aussi en cause. Les abeilles solitaires par exemple nichent plutôt dans le sol, or plus on le recouvre de béton avec nos villes et nos routes, moins elles ont d'endroits où se loger.

Pour les chercheurs, l’humanité doit relever un double défi

D’abord, produire assez de denrées alimentaires pour satisfaire la demande croissante d’une population qui augmente ; mais aussi produire cette nourriture de façon moins polluante et pour l'environnement et pour la santé humaine. 
L’intensification écologique, c’est-à-dire l’amélioration du rendement des cultures en s’appuyant sur la biodiversité, devient donc une voie de plus en plus crédible pour répondre à ces défis.
Les résultats de cette étude montrent qu'on peut faire coup double, en créant à la fois, des situations bénéfiques pour la biodiversité et pour le rendement des cultures.
Et pour les chercheurs, ce mode de production contribue ainsi au développement de systèmes agricoles durables, y compris dans les petites exploitations des pays en voie de développement.