L’appel à l’aide d’habitants des Cévennes

C'est ma planète par Anne-Laure Barral samedi 30 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 25/10/2018
Pollution Cévennes
© Générations futures

L’association "Générations Futures" soutient des habitants des Cévennes et lance une collecte pour financer leur combat. Leur but : mettre fin à des décennies de pollution des anciennes mines de la région.

 Ils pensaient vivre dans un paradis de nature, au pied des Cévennes, à  une vingtaine de kilomètres d'Alès. Mais depuis 2008 certains ont des doutes sur les problèmes de santé dont ils souffrent ou dont leurs proches souffrent : cancer, autisme, maladies de peau. Ils ont commandé plusieurs études pour voir si les anciennes mines de plomb et de zinc de la région n’avaient pas laissé des résidus de plomb mais aussi d'arsenic et de mercure dans les sols et dans l'eau.

Ils ont trouvé des taux très élevés bien au-dessus des normes

Du coup, ils ont remué ciel et terre pour tenter de se faire entendre. Il a fallu l’enquête d’un journaliste de RFI Alain Renon pour que leur plainte résonne à la préfecture et à l'agence régionale de santé. La préfecture leur a donné des recommandations d'hygiène en 2014 comme de ne pas faire entrer de poussière dans les maisons, bien laver les sols, fermer les fenêtres en cas de vent, de ne pas manger les œufs de leurs poules.

Lors d’une réunion très houleuse en mairie, le sous-préfet leur a tout de même asséné qu’il n’y aura pas de dépollution du site. Cet automne, l'agence régionale de santé a fait une campagne d'analyse auprès de 2.800 habitants de 5 communes de cette zone près de Saint-Félix-de-Pallières et Thoiras où se trouvent d’anciennes mines. Elle a fait des prises de sang et des analyses d'urine chez 672 habitants volontaires. Ils devraient recevoir leurs résultats d'ici peu. 

Des habitants démunis

En plus des inquiétudes pour leur santé et celles de leurs proches, leurs maisons, leurs terrains ne valent plus rien depuis que les résultats des taux de pollution des sols ont été révélés. Ils veulent que quelqu'un dépollue la zone ou au moins la sécurise pour qu'ils n'aient pas à partir.

L'entreprise belge Umicore aujourd'hui responsable de la surveillance du site affirme avoir respecté toutes les démarches légales pour ça.  Le drainage des eaux de pluie, la végétalisation des anciennes terres polluées. S'il n'y a pas de clôture, c'est parce que les communes n'en voulaient pas et qu’elle était sans cesse dégradée. Mais des visites seraient réalisées 4 fois par an par des agents de l'industriel.

Pas question non plus pour Umicore de payer la facture d'une dépollution, et s'il y a des taux élevés de plomb dans le sol, c'est à cause de sa présence à l'état naturel, c'est pour cela qu'il y a eu des mines dans la région jusqu'en 1971.

Les associations de riverains ont décidé de continuer à se battre avec l'association de défense de l'environnement Générations Futures

Elles lancent une collecte de fond pour financer leurs frais d'avocat et de nouvelles analyses pour porter leur combat maintenant devant la justice.