Lucky Luke et Otomo à Angoulême

BD, bande dessinée par Jean-Christophe Ogier dimanche 24 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 19/10/2018
BD, Angoulême 43
© K.Otomo, FIBD / Morris, Dargaud

Le 43e festival international de la bande dessinée d’Angoulême, c’est le week-end prochain. Les vedettes de l’année s’appellent Lucky Luke, 70 ans, cow-boy et Katsuhiro Otomo, mangaka de 61 ans.

Un cow-boy de 70 ans

L’homme qui tire plus vite que son ombre apparait en 1946 dans une petite histoire qui n’était pas destinée à avoir de suite. Le public a immédiatement adoubé ce Luke chanceux tombé sur la planète BD. Au point que son créateur, le Belge Maurice de Bevère, dit Morris,  mort en 2001, est à ce jour le seul dessinateur à avoir passé toute sa vie avec le même héros. Qui lui a plus ou moins bien survécu.

Certes, 300 millions d’albums du cow-boy solitaire ont été vendus dans le monde mais, depuis le décès du scénariste historique René Goscinny qui avait rejoint Morris au milieu des années 1950, la série se cherche.
C’est peut-être pourquoi, plutôt que de fêter tout Lucky Luke, le Festival et la Cité internationale de la Bande Dessinée et de l’Image consacrent une grande exposition à L’art de Morris.
L’expo L’art de Morris restera visible jusqu’au mois de septembre.
L’art de Morris, le livre, richement illustré, aux éditions Dargaud.

Pendant ce temps, Lucky Luke continue de chevaucher Jolly Jumper à l’ouest du Pecos.
Avec un nouvel album très attendu pour la fin de l’année. Au scénario, Jul, le dessinateur de Silex and the city. Au dessin, Achdé.
Avant cela, 2 hommages prometteurs : un Lucky Luke réaliste par Matthieu Bonhomme et un Lucky Luke à l’humour déjanté par Bouzard.

Un mangaka de 61 ans

L’autre star d’Angoulême 2016 sera le Japonais Katsuhiro Otomo, créateur de la saga Akira, qui met en scène la violence, la vitesse, la drogue et l’adolescence.

C’est avec Katsuhiro Otomo et Akira que la France a véritablement découvert les mangas. C’était en 1990.
L’éditeur Jacques Glénat était parti au Japon vendre ses BD. Il n’a rien vendu. Mais il est revenu avec les droits de diffusion d’une œuvre de science-fiction gigantesque, 2.200 planches dans lesquelles des adolescents chevauchent des motos futuristes et filent dans un univers urbain démesuré.
Un récit monstre, post-apocalyptique, qui permettait à l’auteur, jeune encore, de parler du Japon d’après-guerre, marqué à jamais par les destructions d’Hiroshima et de Nagasaki, mais tout aussi pressé de se jeter dans la modernité.

Après avoir dessiné Akira, Katsuhiro Otomo a pratiquement laissé tomber la bande dessinée pour se consacrer aux films animés et à la télévision. A 61 ans, il reste un maître de la BD contemporaine honoré comme tel à Angoulême.
Pour faire bonne mesure, le festival a fait venir la moto rouge à la ligne futuriste que des ingénieurs, designers et motoristes japonais fans d’Akira ont créée pour rendre hommage au maître Otomo.
À partir de jeudi prochain au festival d’Angoulême.