Le Bilan BD 2012 de l'ACBD

BD, bande dessinée dimanche 6 janvier 2013

L'année
passée a vu paraître exactement 4109 nouveautés en langue française... Comprenez
en France, en Belgique et en Suisse. Impossible de tout lire évidemment. Pas
moyen non plus de tout mettre en librairie. Ou alors, ça ne reste pas longtemps
sur les tables et dans les rayons. Même les locomotives du secteur ont eu du
mal à rencontrer leur public. C'est ce qui ressort du rapport annuel de l'ACBD,
l'association des critiques de bande dessinée. L'analyse s'appuie sur les
chiffres annoncés par les éditeurs.

Champion
toute catégorie, Titeuf dont le 13ème
volume a été tiré à un million d'exemplaires par Glénat. Les concurrents font
gentiment remarquer que les ventes n'ont pas suivi. De
ce point de vue, tout le monde ou presque est logé à la même enseigne. Les
grandes séries ont enregistré, selon les sources, un recul de près d'un tiers
de leurs ventes. Ce serait notamment le
cas du Lucky Luke de Pennac,
Benacquista et Achdé tiré à 450.000 exemplaires.

2012
fut pourtant une année de best-sellers attendus avec en plus des titres déjà
cités : un XIII, un Largo Winch, un Blake et Mortimer, Le Chat
de Geluck, un Kid Paddle et un Petit Spirou. Du
côté des mangas, ce sont toujours les mêmes séries qui tirent le marché, au
premier rang desquelles Naruto, One Piece et Fairy Tail.

Et
puis, cela n'a échappé à personne, la bande dessinée a nourri le cinéma comme
jamais encore elle ne l'avait fait. Le
Marsupilami
, l'Elève Ducobu, Astérix... Et ce n'est pas fini !
Personnellement, nous nous réjouissons de l'arrivée sur les écrans cette année
du dessin animé Aya de Yopougon, adaptation
de la magnifique saga ivoirienne de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie.

Quelques
chiffres encore, tirés cette fois de la nouvelle édition du BDM. Le BDM, c'est
l'argus officiel des trésors de la bande dessinée. Michel Béra, Michel Denni et
Philippe Mellot, dont les initiales ont donné le titre du précieux catalogue,
tentent depuis plus de trente ans de recenser toutes les bandes dessinées parues
depuis le Robinson Crusoé de Dumoulin en 1805.

Au
hasard des quelques 1200 pages de cotes, vous découvrirez que la première
édition du tome 1 du Décalogue de
Frank Giroud vaut aujourd'hui en bon état une quarantaine d'euros, qu'un Bibi Fricotin des années 1930 se négocie
autour d'une centaine d'euros, à peine moins que l'édition 1975 de La Ballade de la mer salée, la première histoire
de Corto Maltese par Hugo Pratt.

Le
BDM vaut 49,50€. Nul doute qu'il prendra lui aussi de la valeur avec le temps.