L'université française à l'heure anglaise

Le plus France Info jeudi 9 mai 2013
L'université française à l'heure anglaise

Les trois quarts des écoles de commerce dispensent déjà des cours en anglais, un tiers des écoles d'ingénieur et certaines universités comme Toulouse 2 Capitole. Cela fait déjà 10 ans que la faculté de droit et de gestion de la ville rose accueille la langue de Shakespeare dans ses amphis, notamment l'école d'économie TSE qui fait partie intégrante de l'université. 

"Il s'agit de s'adapter au monde d'aujourd'hui" explique Bruno Sire, son président. "Toutes les entreprises européennes demandent que leurs employés parlent anglais aujourd'hui". 

Bruno Sire, président de l'Université

Bruno Sire, président de l'Université © UT1 Capitole/JPG

L'anglais pour attirer aussi les meilleurs chercheurs et étudiants étrangers. Ces derniers sont environ 4000 à Toulouse Capitole soit 20% de l'effectif total, de 60 nationalités différentes, essentiellement regroupés en master et en doctorat. Ben a 24 ans, ce Londonien a entamé un master d'économie à la rentrée dernière, la raison principale qui l'a poussé à venir ici : "La qualité des cours, le fait qu'ils soient en anglais ne m'a pas mis de barrière. D'autant que pour un meilleur enseignement je paie nettement moins cher".

Le prix de l'inscription : 350 euros, contre 14.000 à 16.000 euros outre-Manche. Ben dit profiter de son séjour pour apprendre le français et n'exclut pas la possibilité de faire son doctorat ici. Quelque 40% des thésards sont des étrangers. 

Des voix s'élèvent contre ce projet

Les premiers à s'indigner : l'Académie française. Les sages ont écrit à la ministre de l'Enseignement supérieur pour regretter une disposition qui est propre à "dégrader la situation de la langue française". Ils craignent une disparition du français dans les universités à terme et que la qualité des cours en pâtisse, en s'interrogeant sur le niveau d'anglais de nos professeurs.

A l'Unsa éducation, on est bien conscient qu'un certain nombre d'entre eux devront être formés sur la base du volontariat. Mais pour ce syndicat majoritaire dans l'enseignement supérieur, il était temps que l'Education nationale franchisse le pas. Ce projet ne vise pas à abroger mais à assouplir la loi Toubon. Et à redonner de l'attractivité à la France qui selon la ministre est passé de la 3e à la 5e place mondiale en 10 ans.

La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso défend son projet au micro d'Agnès Soubiran  
 

La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso défend son projet au micro d'Agnès Soubiran