Opposants au mariage pour tous : où va le "Printemps français" ?

Le plus France Info mercredi 10 avril 2013
Opposants au mariage pour tous : où va le \\\"Printemps français\\\" ?

C'est l'une des actions de
cette frange radicale : vendredi à Saint-Etienne, un
groupe d'une cinquantaine de personnes empêche le rapporteur PS du texte, Erwann Binet,
d'animer une réunion avec des étudiants. Il est alors face à des familles,
des personnes qui portent les couleurs de la "manif pour tous" de Frigide Barjot, et des militants de "Jeunesses nationalistes" qui appartient à la droite radicale.

Printemps français, un mouvement mal identifié

La radicalisation de la
contestation semble avoir brouillée les frontières politiques. Le mouvement Printemps français est difficilement identifiable. "J'ai eu l'habitude depuis le début de ce débat d'avoir en face de moi des interlocuteurs précis. Là, le printemps français, je ne sais pas qui c'est", indique Erwann Binet. "La lucidité politique que tous les opposants au mariage pour tous devraient avoir vis à vis de ces groupes extrêmistes n'est pas partagée par tous les militants", ajoute-t-il.

"On ne sait pas si derrière il y a une volonté d'une personne ou d'un groupe de voir ce débat dégénérer" Erwan Binet, rapporteur PS du texte   
 

"On ne sait pas si derrière il y a une volonté d'une personne ou d'un groupe de voir ce débat dégénérer" Erwan Binet

Au départ de la contestation
il y a la "manif pour tous" animée par Frigide Barjot. Le printemps français fait son coming out après la manifestation du 24 mars sur l'idée qu'il
faut muscler les actions. Ce groupe n'est pas homogène.
Il est composé d'un noyau dur autour duquel s'agrègent des mouvements qui
viennent d'horizons très différents.

Le soutien de plusieurs organisations radicales

Très peu des créateurs du mouvement sont
identifiés. Le nom de domaine du site printempsfrançais.fr à été
déposé anonymement. Seules trois personnes apparaissent publiquement. Absence de
transparence justifiée par la porte parole Beatrice Bourges pour protéger des
actions de "résistance".

Autour de ce noyau, plusieurs
organisations radicales revendiquent leur appartenance ou soutiennent le Printemps français. Parmi eux, on trouve le Bloc identitaire. Et les royalistes
d'Action française. Leur objectif dépasse le
simple retrait de la loi. Le secrétaire général d'Action française par exemple pense
que les conditions d'un changement de régime sont réunies. "Le Printemps français se sont des familles entières qui jusqu'à maintenant étaient spectatrices de la dégradation de la société, qui brusquement se sentent impliquées", explique Olivier Perceval.

"Nous voulons aider le régime à tomber, c'est pourquoi nous soutenons le Printemps français" Olivier Perceval secrét. général d'Action française  

"Nous voulons aider le régime à tomber, c'est pourquoi nous soutenons le Printemps français" Olivier Perceval secrétaire général

"Construire un mouvement qui se situe dans l'angle mort entre l'UMP et le Front national"

Mais chacun a son objectif. Le Printemps français inspire
aussi la droite catholique traditionnelle. Plusieurs de ses sites Internet accompagnent le mouvement. Derrière le Printemps français, il y a aussi l'espoir d'une droite traditionnaliste estime le
politologue spécialiste de l'extrême droite Jean Yves Camus.

"Il y a très certainement une volonté de construire un mouvement qui se situe dans l'angle mort entre l'UMP, la droite populaire, et le Front national, et qui trouverait à s'exprimer lors des éléctions municipales de 2014, et puis ensuite au delà", indique-t-il. "Le modèle du Tea Party est souvent évoqué, c'est une comparaison un peu abusive, mais en tous cas il y a une véritable volonté de construire quelque chose", ajoute-t-il.

"La structuration d'une droite encore plus affirmée, et plus imprégnée des valeurs traditionnelles" Jean Yves Camus, politologue  

"La structuration d'une droite encore plus affirmée, et plus imprégnée des valeurs traditionnelles" Jean Yves Camus

En attendant une éventuelle
moisson politique, le Printemps français multiplie
les actions. Elles ne semblent pas centralisées. Elles sont relayées, comme les
idées, sur les réseaux sociaux. Ce qui est le principal
parallèle avec le Printemps arabe. Parce que pour l'instant le Printemps français n'a pas fait la preuve d'un mouvement massif. Depuis sa création, dans
les actions des derniers jours on comptait quelques dizaines de personnes.