Aux Etats-Unis, une ville se rebelle contre l'exploitation du gaz de schiste

Noeud emission temporaire pour le nid source 489799 par Jean Leymarie vendredi 30 novembre 2012
Aux Etats-Unis, une ville se rebelle contre l'exploitation du gaz de schiste
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La nouvelle est tombée le 6 novembre, le même jour que la réélection de Barack Obama. Elle est passée presque inaperçue. Pourtant, c'est une première. A Longmont, dans le Colorado, les habitants disent non au gaz de schiste. Un référendum était organisé : 51% des électeurs rejettent l'exploitation de ce gaz. Dans cette ville de 80 000 habitants, au pied des Rocheuses, les puits ont poussé, un peu partout, ces dernières années. La fracturation hydraulique est utilisée : on injecte de l'eau, du sable et des produits chimiques pour faire jaillir le gaz. Cette technique, une majorité de la population n'en veut plus.

Dans le Monde, Philippe Bernard raconte la bataille de Longmont. Le mouvement a démarré l'an dernier, quand une société gazière a voulu installer un puits près d'un collège et près d'un lac où les baigneurs aiment nager. Des habitants ont fait circuler une pétition. Ils ont obtenu plus de 8 000 signatures, surtout grâce à un argument scientifique : selon une étude de l'université du Colorado, dans un rayon de 800 mètres autour d'un puits, les rejets toxiques sont cinq fois supérieurs aux normes. Un argument suffisant pour obtenir l'organisation d'un référendum.

Immédiatement, les compagnies gazières ont répliqué

A Longmont, elles ont organisé une campagne de publicité. Elles ont dépensé 500 000 dollars pour promouvoir le gaz de schiste. Des élus se sont mobilisés, aussi, en faveur des industriels. Sept anciens maires de la ville ont fustigé des "accusations sans fondement". Même le gouverneur du Colorado s'y est mis. Aujourd'hui, il menace d'attaquer en justice la ville de Longmont. Il explique que seul l'État a le droit de réglementer les forages. Ce gouverneur, John Hickenlooper, est démocrate. Mais il est aussi géologue. Dans le passé, il a travaillé pour une compagnie de forage, et surtout, pendant sa dernière campagne, il a reçu 76 000 dollars - près de 60 000 euros - de l'industrie gazière.

Dans le Colorado, un bras de fer est donc engagé. D'un côté, il y a de grands élus et les producteurs qui s'apprêtent à porter plainte. De l'autre, il y a des habitants très fiers de ce soulèvement citoyen. Dans l'article de Philippe Bernard, dans le Monde, un des initiateurs de la campagne jubile : "notre droit constitutionnel à la santé, à la sécurité et à la protection de la propriété n'est pas à vendre. L'argent des pétroliers ne leur permet pas toujours de gagner".