Yannick Jadot dit-il vrai sur le gaz de schiste ?

Le vrai du faux lundi 3 septembre 2012

Interrogé vendredi matin sur France Info, Yannick Jadot affirme au sujet des gaz de schiste : "Dans les cinq ans qui viennent, de toute façon, pendant ce quinquennat, le dossier des gaz de schiste ne sera pas rouvert".

C'est faux

Même si la technique de fracturation hydraulique, très polluante, est interdite pas la loi en France, on ne peut pas assurer que le dossier du gaz de schiste ne sera pas rouvert dans les cinq ans.

Socialistes prudents  

Il y a d'abord ce que dit le pouvoir socialiste lui-même. En gros, si une autre méthode, plus sûre, est trouvée pour exploiter le gaz de schiste, il faudra en reparler. Il y aura débat. 

Pressions sur les consommateurs

Ensuite, les lobbies pétroliers tentent de retourner l'opinion qui avait été très marquée par la vidéo montrant les dangers de l'exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis. On se souvient du film "Gasland" avec cette boule de feu qui surgissait dans un évier.
La semaine dernière, le patron de Total, Christophe de Margerie, rappelait qu'il serait vraiment dommage que la France se prive de cette ressource présente dans son sous-sol, surtout en période économique difficile.
Les pétroliers appuient là où ça fait mal. Au porte-monnaie. Marine Jobert, co-auteur du livre "Le vrai scandale des gaz de schiste" estime "qu'il va y avoir un courant de plus en plus fort [...] dans toutes les classes sociales et dans toutes les couches de la société qui va exiger de la part des politiques une énergie bon marché ; et donc, les gaz de schiste, tels qu'on nous les vend, pourraient permettre, pense-t-on, de garder cette énergie bon marché". 

Presse

En ce moment, les industriels du pétrole organisent des voyages de presse aux Etats-Unis pour montrer que les gaz de schiste ont un grand intérêt. Un film américain appelé "Truthland" a même été produit pour contrer "Gasland". 

Industrialisation

Enfin, alors que le nouveau gouvernement français veut réindustrialiser le pays, les pétroliers mettent l'accent sur les emplois et l'activité économique que l'extraction du gaz de schiste permettrait d'accroitre sur notre territoire.  
Quel pays peut se priver durablement d'une manne énergétique présente sous ses pieds au moment où les ressources en pétrole et en gaz se raréfient et deviennent de plus en plus chères ?
Le dossier du gaz de schiste est loin d'être fermé pour cinq ans. Il est d'ailleurs au programme de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochain.