Le coût humain de la crise

Cinq jours à la une par Rédaction de France Info vendredi 6 juillet 2012
Le coût humain de la crise
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La semaine dernière, sous les yeux des touristes, un employé de banque s'est jeté du haut de l'Acropole. Une chute de 150 mètres qui ne lui laissait aucune chance de survie. La Grèce avait jusqu'à présent un taux de suicide très bas par rapport aux autres pays européens. Mais les statistiques augmentent : +18 % en 2010. Puis 25 % en 2011.

Petits patrons incapables d'honorer leurs dettes, retraités qui ne peuvent plus payer leurs factures d'électricité ni aider leurs enfants, eux-mêmes touchés par le chômage, employés du privé qui ont perdu 20% de leur salaire... tous partagent le même désespoir et y succombent parfois.

La crise économique entraîne aussi une hausse des consultations psychiatriques et des ventes d'antidépresseurs. "La moitié de ma clientèle consomme aujourd'hui ce genre de produit", s'alarme Ina Piperaki, pharmacienne à Athènes. "Surtout des gens entre 35 et 55 ans, cette génération sandwich très inquiète pour l'avenir de ses enfants... et aussi de ses parents."

"Les gens ont l'impression d'être dans un cul-de-sac"

"Les pensées suicidaires s'installent parce que les gens ont l'impression d'être dans un cul-de-sac", résume le psychiatre Dimitris Boukouras. "Le problème, c'est que l'Etat faible encourage ce désespoir. Les Grecs n'ont pas confiance en leurs hommes politiques, ils ne les croient pas capables les sortir de cette situation."

Selon lui, il faudra trois générations pour que les choses reviennent à la normale.