L'extrême droite grecque, à qui profite la crise

Cinq jours à la une par Rédaction de France Info jeudi 5 juillet 2012
L'extrême droite grecque, à qui profite la crise

La première élection d'un représentant de l'extrême droite grecque à la Vouli, le parlement grec, remonte à 2007. Le LAOS, un parti nationaliste, a même participé au gouvernement en 2011, en pleine crise de la dette. Le mois dernier Aube dorée (Cryssi avgi), un parti néonazi encore plus radical, a obtenu près de 7 % des voix et 18 sièges au Parlement.

La crise économique touche les Grecs de manière extrêmement violente : en un an, le chômage a bondi de 16 à 22,6 %. Dans ce contexte, les immigrés clandestins (environ un million pour 11 millions d'habitants) sont devenus une cible toute désignée. Le slogan d'Aube dorée est "la Grèce aux Grecs". Ses militants multiplient les agressions et les expéditions punitives nocturnes, "nettoient", selon leur propre terme, des quartiers délaissés par l'Etat, où la sécurité laisse à désirer. Ils s'imposent ainsi comme des protecteurs pour des habitants traumatisés. On les a aussi vu distribuer de la nourriture... aux familles grecques, bien sûr.

"Le jour où la crise cessera, vous pouvez être sûrs que le racisme et la xénophobie existeront encore."

Début juin, le porte parole d'Aube dorée a giflé une députée communiste lors d'un débat télévisé. Mais la violence affichée des dirigeants du parti néonazi n'a aucunement refroidi les électeurs. La tension est devenue telle que dans la vie courante, les agressions verbales racistes et xénophobes se multiplient pour des petits riens qui n'auraient pas fait l'objet d'une remarque quelques mois plus tôt.

"Bien sûr, il y a eu une explosion de ces phénomènes à cause de la crise économique... Mais ça veut pas dire qu'ils vont disparaître après !" s'alarme Nicodimos Mayna-Kinyoua, de l'association Asante, qui aide les communautés immigrées. "Quand on voit que l'Aube dorée fait un score très important chez les policiers, que c'est le deuxième ou le troisième parti chez les 18-25 ans... vous pouvez être sûrs que le jour où la crise cessera, tout cela existera encore." D'autant plus que sur l'immigration, les partis traditionnels de droite ont aujourd'hui un discours très proche de celui de l'extrême droite.