Budget serré pour les vacances d'été des Français cette année

Le plus France Info par Rédaction de France Info lundi 2 juillet 2012

À Biscarosse dans
les Landes, tout le monde là-bas est sur le pont. Pour accueillir les touristes, les ouvriers
municipaux — en gilet fluo — s'activent pour goudronner  certains trottoirs. On croise des camionnettes
d'artisans pressés, des fourgonnettes de plombiers, carreleurs, peintres. Jérôme
est spécialisé dans les stores et il l'explique :

"Depuis deux semaines, je n'arrête pas
c'est le coup de feu."

Et l'artisan de détailler, un brin agacé :
"Chaque année la même chose. Les particuliers comme les commerçants s'y
prennent au dernier moment pour nous appeler pour leurs réparations. Je leur
dis qu'il serait mieux de nous appeler l'hiver, mais rien n'y fait."
 Il
fait des journées de 15 heures de travail en ce moment.

Parmi ceux qui s'activent également à
Biscarosse comme dans beaucoup de stations balnéaires en ce moment : les
employés saisonniers. La plupart sont des jeunes arrivés de Lyon,
Saint-Etienne, Dijon ou de la région parisienne par exemple. Souvent, ils
sont en petits groupes de copains formés l'hiver dernier lors d'une saison dans
la même station de sports d'hiver.

Des patrons frileux

"Pour moi, c'est bon, ca y est j'ai
trouvé, je serai barman dans un restaurant sur la plage"
, explique Bastien
24 ans qui vient de poser ses valises dans sa colocation. "Le seul point
noir, confie-t-il, c'est la durée des saisons. Avant quand je venais
travailler à Biscarosse, c'était pour au moins 3 mois. Aujourd'hui les
patrons sont frileux avec la crise. On ne fait que juillet-aout"
, déplore
le jeune homme venu de la Loire.

En ce début juillet, les patrons ont
peut-être raison d'être frileux et de ne pas attendre la foule dans leurs
établissements. Il y a classe partout en France au moins dans le primaire
jusqu'à jeudi soir. Peu de familles partent donc cette semaine. Les rares
parents à faire exception font manquer les cours à leurs enfants. Pour Stéphanie 40 ans et maman de deux enfants en 5ème et en CE2 : 

"C'est juste une question d'arrangement
avec les maitresses. Les contrôles du troisième trimestre sont terminés. Elles
ont accepté de fermer les yeux."

L'intérêt évidemment pour Stéphanie et son
mari, c'est un intérêt économique. "À deux jours près, ça change tout pour
le porte-monnaie. Fin juin, début juillet, les locations sont
à moitié prix comparé aux semaines suivantes."

Les agents immobiliers de Biscarosse
espèrent tout de même une arrivée plus massive de touristes en fin de
semaine. Mais il faudra compter sur des réservations de dernière minute car
pour le moment rien de rassurant. "Les réservations ont chuté de 30 % par
rapport à l'an passé. Cela fait 20 ans que je travail dans ce cabinet
immobilier, je n'ai jamais vu ca. Même au moment de la marée noire du
Prestige, on n'avait pas été aussi affectés"
, explique Laurette
Laurent, responsable d'un cabinet.

Et Laurette Laurent de poursuivre : "Je
pense que les gens avec la situation économique modifient leurs façons de
faire pour les vacances. Tous ceux qui peuvent préfèrent partir
en vacances chez des amis ou dans la famille plutôt que d'investir dans la
location d'une villa ou d'un appartement. Là où on a le plus de mal, c'est sur
le haut-de-gamme. Il me reste surtout pour juillet beaucoup de villas avec
piscines à louer."
 

Les comportements des touristes changent 

A l'Office du tourisme, on s'attend à
accueillir des vacanciers toujours plus friands d'activités gratuites ou
presque. La ville demande donc à des habitants de Biscarosse — bénévoles —
d'assurer des visites et animations aux touristes. Selon Catherine Milan
de l'office du tourisme  "depuis quatre ans déjà, les
comportements des touristes à Biscarosse ont bien changé. Au restaurant c'est
apéritif ou dessert mais pas les deux. S'ils choisissent un parc d'attraction,
ils n'en visiteront pas un second même s'ils restent 15 jours, et ils sont à
l'affût des activités gratuites"
.

Publié
Mathilde Lemaire Reuters

L'office de tourisme de Biscarosse anticipe une baisse de réservations pour cet été. © Reuters Mathilde Lemaire

Les campings tirent leur épingle du jeu

L'hôtellerie de plein air a battu des
records l'an passé, avec 107 millions de nuitées. Le secteur qui a doublé
ses recettes en 10 ans vise encore mieux cette année. Le camping est pour
beaucoup le seul moyen de se payer des vacances. Cédric, nordiste de 23 ans,
est venu avec un ami de son âge. Tous deux sont assez fiers de leur
tente igloo. "La tente, la voiture une table et deux chaises pliantes et
c'est le bonheur. 13 euros la nuit ca défie toute concurrence",
s'amuse le
jeune homme. Pour lui :

"L'argent qu'on ne met pas dans le
logement on peut le mettre au restaurant ou au bar de la plage pour offrir des
verres aux filles."

Témoin aussi de la crise la multiplication
des très courts séjours. Avant une famille se posait à Biscarosse au minimum
une semaine. Aujourd'hui, la tendance est aux vacances morcelées : 3 jours ici
4 jours là, suivant les envies de dernières minutes et la météo.