Cavanna : "Le bio est cher, snob, le contraire du bio"

Tout et son contraire par Philippe Vandel mardi 26 juin 2012

Son dernier livre,  Lune de miel,  vient de sortir en poche (Folio).  La couverture est très parlante.  Il y a sa photo,  souriant,  et au premier plan,  le journal Charlie Hebdo tout flou comme s'il avait la tremblante.  Dans l'avant-propos, il explique le titre : "Les neurologues donne le nom de Lune de miel à la période pendant laquelle les symptômes de la maladie de Parkinson s'atténuent  au point de laisser croire à une guérison,  avant de reprendre avec une  implacable violence".

Cavanna est atteint de la maladie de Parkinson, mais il garde toute sa tête. Il a 89 ans.

Contradiction : il a travaillé dans des journaux, Hara-Kiri, puis Charlie Hebdo,  qui dénonçait l'avidité du patronat, qui réclamaient des lois sociales. Et puis, un jour, il a découvert que Choron faisait parfois des fausses fiches de paye, et ne payait pas les cotisations sociales, ni les retraites.

Cavanna revient sur son enfance, l'école des années 30, l'autorité imbécile des institutions que Hara-Kiri dénonçait et le bio  
 

Cavanna revient sur son enfance, l'école des années 30, l'autorité imbécile des institutions que Hara-Kiri dénonçait et le bio

Cavanna répond au vrai/faux de Philippe Vandel  
 

Cavanna répond au vrai/faux de Philippe Vandel

 

Lune de miel, mot de l'éditeur

Cavanna, trente ans après Les Ritals et Les Ruskoffs, nous offre un tableau réjouissant de souvenirs, réflexions et anecdotes. Avec toujours la même verve et la même insolence, il évoque la période du STO en Allemagne, l'aventure de Hara Kiri ou les atteintes de l'âge. Sans rien oublier de ses origines, il reste ouvert aux mouvements du monde. Une gouaille formidable anime le récit de sa jeunesse outre-Rhin et, loin de tout pathos, il sait rendre touchante et drôle la description des progrès de la maladie et des divers malheurs liés à l'âge. Quant à Hara Kiri et Charlie Hebdo, Cavanna en brosse un tableau qui aide à comprendre le caractère presque miraculeux – du moins à ses débuts – de cette aventure de presse. Beaucoup de tendresse, des coups de gueule bienvenus, d'innombrables anecdotes racontées avec la truculence et la causticité apprises chez Rabelais : voici l'œuvre d'une écrivain amoureux de la vie et des plaisirs, mais aussi, et surtout, de la littérature.