Le Costa Concordia toujours au Giglio

Cinq jours à la une par Rédaction de France Info vendredi 1 juin 2012

Sur le front de mer, ruelle étroite qui
longe le port, les boutiques de souvenirs ont enfin ouvert. On y trouve les
traditionnels bibelots en coquillage, les tee-shirts à l'effigie de l'île. Les
restaurants ont nettoyé leurs terrasses et rappelé le personnel venu du
continent. Le Port a revêtu ses habits de saison estivale, mais la masse
hypnotisante du Costa Concordia continue à emplir tout le champ visuel. "J'essaye de tourner la page, dit le maire, mais je n'y arrive pas. Quatre mois
après le naufrage on n'a pas encore bien compris
", confie Sergio Ortelli. Il
reconnaît que l'île du Giglio a fait le tour du monde et qu'il faut maintenant
regarder la situation en face et se tourner vers la saison
touristique.

Une réserve naturelle de dauphins

L''île du Giglio, ce sont trois
villages, 1.400 habitants en tout. Il y a beaucoup de retraités, quelques rares
marins, une production agricole réduite au minimum. L'île sur le déclin a été
sauvée par le tourisme il y a quelques décennies. Tous les ans, les habitants
scrutent la saison avec appréhension, et depuis que le paquebot, une véritable
poubelle géante, est échoué devant le rivage, l'angoisse monte. Les réservations
sont faibles, mais cela peut également être dû à la crise économique.

Environ 250 ouvriers seront hébergés
sur place pendant une dizaine de mois, pendant les opérations de renflouage. Une
bouffée d'oxygène pour les hôteliers et restaurateurs. Les défenseurs de
l'environnement s'inquiètent de la possible pollution de la mer. Ce serait un
désastre dans cette réserve naturelle de dauphins. Les opérateurs du renflouage
se veulent rassurants et assurent que 90% au moins de la flore maritime sera
préservée. Le renflouage coûtera 236 millions d'euros. C'est la plus grande
opération du genre jamais tentée dans le monde. En théorie, le Costa Concordia
quittera les côtes du Giglio en février 2013, un an après son
naufrage.