Bruno Gollnisch dit-il vrai sur le système des parrainages ?

Le vrai du faux par Gérald Roux samedi 11 février 2012

Chacun reconnait ...

Mercredi à 8h15 sur France Info, Bruno Gollnisch plaide pour l’anonymat des parrainages, alors que Marine Le Pen peine à rassembler 500 promesses de signatures pour pourvoir être candidate à l’élection présidentielle. Le dirigeant frontiste déclare notamment : "Je voudrais dénoncer ce système dont chacun reconnaît qu’il est absolument inique".

Vrai ou faux ?

Faux ! Bruno Gollnisch exagère très très fortement. Il est bien évident qu’il n’y a pas d’unanimité pour dénoncer le système actuel. Nicolas Sarkozy l'a encore dit dans son interview au Figaro Magazine : il est "opposé par principe" à un anonymat des parrainages.  Et il n'est pas le seul dans la classe politique, que ce soit pour des bonnes ou des mauvaises raisons.

500 signatures contre 100 autrefois

En 1962 (quand il est décidé d’élire le président de la République au suffrage universel), le général de Gaulle souhaite qu’il y ait 100 signatures car il ne veut pas qu’il soit trop difficile de se porter candidat. Mais les années 60 et 70 voient une inflation des candidatures, parfois fantaisistes. Pour y remédier, une loi organique est votée en 1976 et fait passer la barre à 500 signatures.

Conséquence : Jean-Marie Le Pen, qui avait pu participer à l’élection de 1974, ne parvient pas à rassembler 500 signatures en 1981. En revanche, il y parviendra en 1988, 1995, 2002 et 2007. Pour cela, il s’est beaucoup débattu pour obtenir les parrainages auprès des élus en faisant quasiment du porte à porte avec son équipe.

Marine Le Pen à la peine 

Elle accuse les grands partis (notamment l’UMP) de faire pression sur les élus, mais il est aussi possible qu’elle n’ait pas assez battu la campagne pour décrocher les parrainages aveuglée par les bons sondages de ces derniers mois. Il est probable qu’elle bluffe pour faire monter la pression et se "victimiser".

Le conseil constitutionnel comme recours

Il doit se prononcer d’ici le 22 février. Il est tout à fait possible qu’il rejette la requête de Marine Le Pen. Si en revanche, il donne raison à la présidente du Front national, l’anonymat des parrainages pourrait tout à fait être effectif dés la présidentielle, d’après le constitutionaliste Didier Mauss. C’est techniquement possible. Enfin, la date limite pour les candidatures, c’est le 16 mars.