RFI en grève depuis 10 jours contre la fusion avec France 24

Info Médias par Céline Asselot mercredi 7 décembre 2011

Un coup de colère très commenté dans la presse et sur les réseaux sociaux aujourd'hui. Bernard Kouchner a brutalement congédié un journaliste de France Info. Yannick Falt a rencontré il y a quelques jours l'ancien ministre des Affaires Etrangères pour l'interroger sur ses activités en Guinée, notamment sur son role de "conseiller officieux" du dirigeant guinéen Alpha Condé, qui est un ami de longue date. Bernard Kouchner parle d'une "activité bénévole", mais la conversation se tend à mesure que les questions se font plus précises. Il termine d'un brutal "barrez-vous !"

Une sortie plutot inhabituelle, qui n'a pas manqué de retenir l'attention de la presse. "J'suis pas une barbouze, j'suis bénévole" titre Le Monde. "Les bons conseils du docteur Kouchner en Guinée" ironise L'Express. "La Guinée sera heureuse d’apprendre qu’il n’est pas rémunéré, écrit le site Afrik.com, "contrairement au Gabon quand Bernard Kouchner donnait il y a quelques année des conseils sur la réforme de son service de santé qui avait été facturés au prix fort". Et d'ailleurs plusieurs internautes guinéens relayent les propos de Bernard Kouchner, notamment sur Twitter. Une internaute y résume le sentiment général : "Questions gênantes, Bernard Kouchner vire le journaliste. Manquerait plus qu'ils fassent leur métier". 

Les salariés de RFI poursuivent leur mouvement de grève. Voilà 10 jours maintenant qu'ils protestent contre la fusion de leur radio avec la chaine de télé France 24. La grève a d'ailleurs été reconduite une nouvelle fois cet après-midi, meme s'il est difficile de savoir quelle proportion de la rédaction est mobilisée. La direction parle de moins de 20% de grévistes, les syndicats affirment que 75% des salariés ont cessé le travail au moins une journée. En tout cas, l'antenne est très perturbée, et un référendum a montré que le mécontentement était assez largement partagé : sur les 600 salariés qui se sont exprimés, 95% ont voté contre la fusion.

La fusion, qui doit etre définitivement entérinée mi-janvier, a été voulue par le gouvernement. Il voit dans le rapprochement entre ces deux médias destinés à l'international l'occasion de créer une BBC à la française, avec une rédaction qui gérerait à la fois télé, radio et web. "Une fusion, pourquoi pas ? On est pas contre dans l'absolu" indique Marc Thiébault, représentant de la CFDT. "Mais pas dans ces conditions : selon nous, la fusion ne servira qu'à renforcer les moyens de France 24, chaine sous-dotée financièrement."

Evidemment, ce n'est pas le discours de la direction. "Aucun risque ne pèse sur le développement de RFI" avait déclaré au début du mouvement Geneviève Goëtzinger, la directrice
déléguée de la radio, à l'AFP. Nous l'avons sollicitée aujourd'hui, mais elle ne souhaite pas s'exprimer, en tout cas pas pour le moment.