Front national : la dédiabolisation, c'est fait

L'édito politique par Marie-Eve Malouines vendredi 6 septembre 2013
Front national : la dédiabolisation, c\\\'est fait

C'est ce qui ressort du baromètre TNS-Sofres
pour le Figaro Magazine cette semaine. Le Front national est le seul parti dont
l'image ne cesse de s'améliorer. Vous disiez que les écologistes avaient
une bonne image, ils ont même connu un pic, à 67% de bonnes opinions en juin
2009. Mais depuis, le mouvement ne cesse de dégringoler. Même chose pour le Parti socialiste. Un
record à 55% de bonnes opinions, et une lente descente à 34% aujourd'hui. L'évolution de l'UMP est en dents de
scie. 36% l'an dernier, 32 aujourd'hui. Seul le FN améliore son image à grand
pas. Le Front national s'en tire tellement
bien que pour la première fois, ses bonnes opinions dépassent celles du parti
communiste.

C'est
donc une bonne nouvelle pour le parti de Marine Le Pen

Oui, parce que ces résultats valident sa
stratégie et le succès de son opération de charme destinée à rendre le Front national respectable. Il y a un autre chiffre qui marque le
succès de l'opération " marinisation " selon l'expression consacrée
autour de la présidente du FN : en 2011, quand Marine Le Pen en devient la
cheffe, moins de 5 sondés sur 100 déclarent se sentir proches du Front national. Aujourd'hui, ils sont 12 et demi pour
cent. Se revendiquer proche du FN n'est plus
un tabou.

C'est
un vrai changement dans le paysage politique.

Du temps de son père, le Front national était
un parti sulfureux. Beaucoup de gens votaient FN sans le
dire. C'était un parti diabolisé, par ses rivaux, et par Jean-Marie Le Pen lui-même.
Le fondateur du Front National se contentait et se complaisait dans l'incarnation
d'un vote protestataire. Ce qui n'a jamais convenu à l'ambition
de Marine Le Pen. La présidente du FN s'est efforcée de professionnaliser
son parti, elle l'a "marinisé". Expression interne au FN, et qui traduit
bien son intention : De la même façon que Marine Le Pen a travaillé son image de femme politique
moderne, avenante, ancrée dans la vie réelle, le FN est devenu un parti ouvert,
et comme rajeuni. Il s'est débarrassé de l'image des
fondateurs associée à la collaboration ou à l'antisémitisme d'avant guerre. Il ne lui reste plus qu'à s'ancrer
localement. Le Front national a beaucoup moins de
difficulté à constituer ces listes pour les municipales.

Plus de 600 candidats ont déjà été
investis, assure le mouvement.

Le FN n'espère pas forcément gagner beaucoup
de grandes villes. Il rêve surtout de conquérir Marseille. Le véritable objectif est de travailler
un vote FN dans les grandes villes, là où jusque-là le FN était faible. Un sondage qui le donne en troisième
position à Paris fait les délices du mouvement. Pour Marine Le Pen, le début de la conquête
présidentielle passe par cette reconquête urbaine. La première étape, celle de la
marinisation du parti est acquise.

 

L'enquête
TNS-Sofres pour le figaro magazine a été réalisée auprès de 1000 personnes,
entre le 29 août et le 2 septembre.