La ministre de l'Enseignement supérieur n'exclut plus de faire payer les classes prépas

par Cécile Quéguiner mardi 18 septembre 2012 15:50
Un élève en licence de sciences doit payer 181 euros. En classe prépa, aujourd'hui, il ne paye pas son inscription.
PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Philippe RENAULT Maxppp

Alors que les classes préparatoires aux grandes écoles étaient jusqu'à présent gratuites, les élèves pourraient avoir à s'acquitter de droits. Geneviève Fioraso y réfléchit. "Il n'y a pas de tabou", dit-elle.

Anomalie ou privilège ? Alors que les étudiants en licence universitaire payent 181 euros de droits d'inscription, beaucoup des 79.000 élèves des classes préparatoires aux grandes écoles aujourd'hui ne déboursent rien. À l'heure des grandes économies, cela pourrait bien changer. Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur, l'a confirmé mardi lors de sa conférence de presse de rentrée : "Il n'y a pas de tabou", selon elle, à envisager une contribution de ces élèves-là.

Double inscription

Il ne s'agit pas à proprement parler de créer des droits d'inscription en classe préparatoire. Mais d'imposer aux élèves une "double inscription" : en prépa et à l'université simultanément. "La prépa resterait donc gratuite et ils paieraient leurs droits d'inscription à l'université", a expliqué la ministre plus tôt sur Europe 1. Une pratique qui a déjà cours dans les prépas littéraires, en hypokhâgne, au motif que cette formation ne garantit en rien de réussir un quelconque concours. Seules seraient donc concernées donc les prépas scientifiques et économiques. 

Pour que l'annonce n'apparaisse pas trop rude cependant, Geneviève Fioraso a expliqué que cela supposerait de revoir aussi les droits d'inscription aux concours pour ceux qui ont les moyens les plus modestes. Car certains, affirme-t-elle, "doivent renoncer à certains concours parce que les inscriptions sont trop élevées". 

Pour la ministre, il s'agit de redresser les comptes d'universités laissées dans un état "déplorable". "La moitié est dans une situation financière assez préoccupante", a-t-elle déclaré mardi matin sur France Info. Or cette mesure permettrait de récolter environ neuf millions d'euros. Davantage encore si les BTS aussi étaient soumis à des droits d'inscription. Mais le gouvernement dit s'y refuser "pour l'instant".