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Sciences Po : la gestion Descoings mise au pilori par la Cour des comptes

le Lundi 8 Octobre 2012 à 15:04
Par Caroline Caldier

La Cour des comptes a lancé en septembre 2011 un contrôle sur la gestion de Sciences Po. Le Monde s'est procuré le rapport final. Le document fustige la période pendant laquelle Richard Descoings a dirigé l'école parisienne. L'ancien directeur est mort d'une crise cardiaque le 3 avril 2012 à New York.

"Fuite en avant financière", "gestion peu scrupuleuse des deniers publics" : dans son rapport sur la gestion de Sciences Po entre 2005 et 2011 la Cour des comptes ne mâche pas ses mots. Les faits et les chiffres lui ont en effet donné matière à éreinter l'ère Richard Descoings, l'ancien directeur décédé en avril 2012.

Premier motif d'interrogation de la Cour : l'évolution des salaires. Entre 2005 et 2011, la rémunération annuelle brute de Richard Descoings a augmenté de 60,4%, culminant à 537.246,75 euros en 2010. "A titre de comparaison, la rémunération annuelle brute du président d'un autre grand établissement universitaire était de 160.095,61 euros en 2011", relève la Cour des comptes dans les extraits révélés par le quotidien Le Monde. Sachant que cette indemnité "ne repose sur aucun contrat formel et n'a pas été votée en conseil d'administration".

Le rapport pointe du doigt l'absence de contrôle de l'école, tant en interne qu'en externe. Sciences Po est une école imbriquant la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), régie par le droit privé, et l'Institut d'études politiques (IEP), de droit public. Le rapport qualifie cette structure d'"obsolète", soulignant les "difficultés de coordination", une "impossibilité de gérer globalement la masse salariale" ou encore un "flou juridique".

La Cour "invite le ministère à revoir au moins en partie sa subvention à la baisse"

Le montant des frais de scolarité des étudiants de Sciences Po ne satisfait pas non plus la Cour des comptes : "Le coût moyen d'un étudiant est supérieur de plus de 3.000 euros à celui d'un étudiant à l'université Paris-Dauphine". La facture est acquittée par le ministère de l'Enseignement supérieur pour un surcoût de 300 euros par étudiant, mais aussi par les familles à qui on a demandé en moyenne, en 2010, 400 euros à Dauphine contre un peu plus de 3.000 euros à Sciences Po. La Cour des comptes invite donc le ministère à revoir au moins en partie sa subvention à la baisse.

Le rapport égratigne également l'image du charismatique ancien directeur de l'école. Richard Descoings, mort d'une crise cardiaque le 3 avril à New York, avait bâti sa réputation sur le "décloisonnement" et l'ouverture de l'école à des enfants issus de milieux sociaux plus populaires. Si le nombre de boursiers a effectivement crû lorsqu'il dirigeait l'école, "la proportion des étudiants issus de parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure s'est accrue de 5 points, passant de 58,5% à 63,3%", note le rapport.

Des critiques que la prestigieuse institution est en partie prête à entendre  
Le reportage de Jérôme Jadot

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Par Caroline Caldier
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
roland (anonyme),
Où l'on apprend que le directeur gagnait 500.000 € (par an j'imagine) ce qui fait a peu près 10 fois ce que gagnent les mieux payés des fonctionnaires ordinaires... Imaginez la part que chaque parent, chaque mois, versait pour le directeur. Pas étonnant qu'il fallait multiplier le nombre d'élèves: fondements mercantiles à une politique de soit-disant démocratisation? Je suis près en outre à parier que ce salaire c'est le directeur lui-même qui l'avait fait voter. Aidé par un Conseil d'Administration lâche ou complaisant dont 1/3 est, selon les règles en vigueur un peu partout, nommé par le directeur lui-même où par les ministères de tutelle. Nous sommes vraiment dans un régime de bandits. Sachez qu'il y a des familles qui se saignent ou empruntent pour que leur enfant puisse aller à Sc.Po ou dans une Gde Ecole (qd ce n'est pas, comme notre fille, l'élève qui part dans la vie endetté pour faire des hautes sans bourses ni aide aucune). Honte aux prébendiers de la République. Il la tuent. Il serait quand même temps de réagir.
Avatar de anonyme
A. Noneem 82 (anonyme),
D'abord, c'est facile d'attaquer un mort qui n'est plus là pour se défendre... Ensuite, quand "on" critique l'imbrication opaque privé-public, c'est aller à contre courant de la mode des PPP = partenariats public-privé qui permettent de réaliser des équipements d'ordre public autrefois mais financés avec l'aide du privé aujourd'hui... (qui est le pigeon?) Enfin, attendons la suite des événements et laissons l'histoire apaiser les passions pour émettre un jugement moins hâtif et plus légitime... Richard Descoings était une personnalité atypique et forte, je ne peux me prononcer sur son honnêteté mais garde le silence dans ce cas, au lieu de le honnir. Maintenant, "au jour d'aujourd'hui", on sait que le fric est devenu le filtre de tout et le fondement de toute honorabilité, alors à quoi bon prudence et humilité?
Avatar de anonyme
François (anonyme) @ A. Noneem 82 (anonyme),
Ce n'est tout de même pas de la faute de la cour des comptes si Descoings était responsable de la gestion de Science po quand les irrégularités ( euphémisme) ont eu lieu. Le fait d'être mort ne rend ni intouchable ni amnistiable de droit!...
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