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Spécial innovation : les enjeux de Wise 2013

le Lundi 28 Octobre 2013 à 11:45
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Spécial innovation pendant toutes ces vacances de la Toussaint dans question d'éducation, votre rendez-vous avec l'actualité de l'éducation... Après un tour de France de l'innovation la semaine dernière, vous nous proposez cette semaine un tour du monde, à l'occasion de Wise...

Wise

Wise pour World Innovation Summit for Education, sommet mondial pour l'innovation éducative, il se déroule tous les ans depuis 2009 à Doha, à l'initiative de la Qatar Foundation. Plus d'un millier d'acteurs de l'éducation venus du monde entier vont se rencontrer et débattre à partir de demain et jusqu'à jeudi.

Vous y serez et vous nous appellerez tous les jours en direct... Qu'attend-on d'un tel sommet ?

Ce qui se joue c'est d'abord la circulation des pratiques. C'est un sommet qui fait la part belle à l'expérience autant si ce n'est plus qu'à la science ; des entrepreneurs sociaux et des décideurs  viennent raconter ce qu'ils font et non pas disserter sur ce qu'il faudrait faire. Ils sont d'ailleurs récompensés par des Wise Awards – disons que si Wise est un peu le Davos de l'éducation ces Awards sont les Oscars de l'enseignement.

Et ces innovations sont transposables ?

Non et oui. Non si on raisonne en termes de système éducatif. Chaque pays a son organisation, ses traditions, ses enjeux, ses moyens aussi. Prenez le simple exemple de la Finlande, qui caracole en tête des évaluations internationales depuis dix ans et qui sera représentée à Wise, eh bien  on ne peut pas imiter tel quel ce système qui est intimement lié à la structure de la société, à ce qu'elle attend de son école, et qui s'inscrit en outre dans une réalité sociologique différente de la nôtre.

Oui, si on raisonne au niveau de la classe ou de l'établissement. Et c'est d'ailleurs une tendance forte aujourd'hui. La conviction que la révolution éducative se fera par la base, par les pratiques. Et de ce point de vue, un sommet comme Wise est extrêmement utile car tous les pays, malgré leurs différences, sont confrontés aux mêmes problématiques.

Par exemple ?

Le manque de moyens. Soit parce que les pays vivent sur un moins grand pied qu'avant – raréfaction de la ressource publique, c'est le cas des pays occidentaux. Soit – et c'est le cas de la majorité des pays – à cause de la pauvreté. On voit ainsi se développer la notion d'éducation frugale ou d'innovation frugale avec des expériences anciennes comme " The hole in the wall ", en Inde, portée par Sugata Mitra – on encastre un ordinateur dans un mur et les enfants apprennent à s'en servir par eux-mêmes. Variante au Kenya et en Ouganda avec le projet Bridge, qui utilise des tablettes numériques pour pallier le manque d'enseignants. 130 écoles low cost ont pu ouvrir.

On essaie de se passer des enseignants...

En tout cas de faire plus avec moins, à la fois grâce au numérique – on peut industrialiser la diffusion des savoirs académiques - mais aussi en s'appuyant sur le désir d'apprendre naturel chez les enfants, sur le jeu ou encore sur leur capacité à coopérer spontanément. On peut apprendre les uns et des autres. C'est un sujet dont on parle peu en France mais qui faisait la Une du Times Educational Supplement de la semaine dernière, en Angleterre. La place et le rôle des enseignants seront néanmoins interrogés directement lors de Wise, notamment autour de l'avènement des Moocs, les cours massifs en ligne dont on parlait vendredi avec François Taddéi. Quelque chose est en train de se jouer, au niveau mondial, de la maternelle au supérieur, quant à l'économie de la transmission des connaissances. On sent qu'on peut industrialiser une partie du travail tout en individualisant plus et mieux le suivi des élèves et des étudiants. C'est une révolution copernicienne à laquelle s'intéressent aussi bien les pays riches que les pays pauvres.

Autre sujet transnational : l'étude des sciences...

Oui, des sciences et des technologies. Problème mondial, qui s'exprime à des niveaux différents là encore selon les pays mais avec la même acuité. Comment faire face à la désaffection pour les études scientifiques ? Comment aussi attirer plus de filles ? Mais l'autre question qui se pose est aussi : a-t-on à ce point besoin de sciences comme outil de sélection... Ne faut-il pas mieux reconnaître la créativité ? On a déjà parlé sur France Info de Ken Robinson, chercheur anglais qui milite en ce sens, mais le débat est également vif en Allemagne où l'un des philosophes les plus médiatiques outre-Rhin, Richard David Precht, a publié un livre coup de poing à la rentrée.

Plusieurs ministres feront le déplacement, mais pas de ministre français...

Pas cette année. Luc Chatel y avait été mais Vincent Peillon, après avoir dit-on beaucoup hésité, a décliné l'invitation.

Un lien avec le contexte et ces informations sur les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers de la coupe du monde de football au Qatar ?

Non. C'est vrai que ce sommet tombe au bon moment pour redorer l'image du Qatar mais le refus de Vincent Peillon est antérieur. En outre Wise existe depuis cinq ans, la Qatar Foundation depuis 20 ans et elle consacre l'essentiel de son activité à l'éducation au Qatar lui-même et pas à essayer de produire de l'influence à l'extérieur. Il faut bien voir que ce pays a connu une richesse subite grâce au gaz et au pétrole mais qu'il sait que ces ressources ne sont pas éternelles. Il investit des sommes pour nous inimaginables à l'échelle d'un pays de 2 millions d'habitants dont seulement 10% sont qataris pour  préparer l'étape suivante : devenir leader des industries de la connaissance. On n'est pas dans la communication à la petite semaine ou dans la réponse tactique à un  problème d'image mais bien dans une stratégie de long terme.

Coup d'envoi de Wise, demain matin. On vous retrouve donc en direct de Doha, et comme toujours sur franceinfo.fr

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