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Pourquoi les lycéens strasbourgeois n'auront plus d'option musique ?

le Mercredi 6 Juin 2012 à 11:53
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Nicolas Sarkozy avait promis que la réforme du lycée n'entraînerait aucune suppression de postes. On a aujourd'hui confirmation que ce n'était pas le cas. Exemple à Strasbourg où les lycéens ne pourront plus suivre l'option " musique ".

clé

Explications avec Christiane Didierjean, professeur d'éducation musicale au lycée Fustel de Coulanges. Elle fait partie du collectif d'enseignants, de parents et d'élèves qui dénonce cette situation.

Le texte du collectif :

"En rai­son de l'application de la réforme Chatel du lycée com­bi­née au non rem­pla­ce­ment d'un fonc­tion­naire par­tant à la retraite sur deux, le Lycée Fustel de Coulanges, comme d'autres lycées de la Communauté Urbaine de Strasbourg, est amené à perdre de nom­breuses options jusqu'alors offertes aux élèves. C'est une véri­table orga­ni­sa­tion de la pénu­rie à laquelle nous assis­tons et qui ne semble pas devoir s'arrêter ou s'arrêtera trop tard pour de nom­breux ensei­gne­ments dits " rares ".

En effet, les règles d'affectation des élèves à l'entrée en Seconde ont été modi­fiées afin d'empêcher tout regrou­pe­ment d'élèves deman­dant des options rares. Ces élèves, désor­mais dis­sé­mi­nés dans dif­fé­rents établis­se­ments, ne sont alors nulle part assez nom­breux pour jus­ti­fier loca­le­ment l'existence de cer­taines options, alors que le besoin existe à l'échelle de la CUS, voire à l'échelle du dépar­te­ment. Ce phé­no­mène de non res­pect des vœux des familles est ampli­fié par le fait que le Rectorat a décidé de réduire le finan­ce­ment, et donc l'offre, d'options, notam­ment pour la série L.

En réponse à ces sup­pres­sions d'options au lycée Fustel de Coulanges, le Rectorat avait évoqué le trans­fert de cer­taines options vers d'autres lycées de la CUS.

D'une part, on ne peut que sou­li­gner l'absurdité du sys­tème. Les élèves sui­vant actuel­le­ment une option en Seconde sont ame­nés, soit à chan­ger d'établissement entre la Seconde et la Première (ce dont on peut dou­ter quand on connaît l'ancrage légi­time des élèves dans un lycée à par­tir de la Seconde), soit à devoir chan­ger d'établissement uni­que­ment pour suivre une option (ce qui implique un coût de trans­port sup­plé­men­taire pour les familles dans un cré­neau d'emploi du temps sans doute décon­necté de l'emploi du temps habi­tuel de l'élève).

D'autre part, il n'est pas cer­tain que ces " trans­ferts " soient équi­li­brés, les créa­tions étant bien moindres que les des­truc­tions d'options. A l'échelle de la CUS, pour l'ensemble des matières, c'est 28 postes de pro­fes­seurs qui sont sup­pri­més à la ren­trée 2012, pour seule­ment 4 créations.

Mais sur­tout, les annonces faites par le Rectorat de trans­fé­rer les options d'un lycée à un autre se sont révé­lées creuses. Alors que, fai­sant confiance à l'institution, retar­dant le moment d'exprimer nos cri­tiques, nous avions pris acte de leur pro­messe d'assurer le main­tien de l'enseignement musi­cal dans un des lycées publics du Bas-Rhin (pas­sant du Lycée Fustel de Coulanges au Lycée Marie Curie de Strasbourg), nous décou­vrons avec amer­tume que les objec­tifs ges­tion­naires ont primé sur la mis­sion de ser­vice public qui incombe à l'Education Nationale : au mépris de la diver­sité cultu­relle, le Rectorat a décidé de ne pas ouvrir cette option en Première à la ren­trée 2012, ce qui jus­ti­fie dès aujourd'hui sa sup­pres­sion en Seconde, et jus­ti­fiera sans aucun doute sa sup­pres­sion en Terminale à la ren­trée 2013. Plus aucun lycée public ne pro­po­sera donc cette option musique dans l'ensemble du dépar­te­ment du Bas-Rhin. Ce ne sont plus seule­ment des classes que l'on ferme, ou des heures que l'on réduit, il s'agit ici de la dis­pa­ri­tion totale d'un ensei­gne­ment pour tout un département.

Les déci­sions prises par les res­pon­sables natio­naux et rec­to­raux de l'Education Nationale conduisent ainsi à réduire la richesse de l'offre de for­ma­tion au lycée (en langues et pour les arts notam­ment). Précisons que dans le même temps, les établis­se­ments pri­vés du Bas-Rhin créent les dis­ci­plines " rares " qui dis­pa­raissent des lycées publics. La sup­pres­sion de l'enseignement musi­cal n'est qu'une des nom­breuses sup­pres­sions à craindre dans l'Education Nationale tant que la logique comp­table pré­vau­dra sur les enjeux de for­ma­tion intel­lec­tuelle et culturelle.

C'est pour cette rai­son que nous nous élevons dès aujourd'hui contre une mesure symp­to­ma­tique des choix poli­tiques pas­sés et appe­lons le nou­veau ministre de l'Education natio­nale et le Rectorat de Strasbourg à reve­nir d'urgence sur une déci­sion délé­tère pour l'ensemble de l'Education Nationale.

Le Collectif de :

- Professeurs du Lycée Fustel de Coulanges

- Professeurs d'enseignement musi­cal du Bas-Rhin

- Parents d'élèves

- Elèves"