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Cours gratuits en ligne : Grenoble Ecole de Management accélère

le Lundi 23 Septembre 2013 à 11:45
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On reparle aujourd'hui des Moocs, les Massive online open courses, ces cours gratuits délivrés en vidéo sur internet. La révolution annoncée est en train de se produire, peut-être encore plus vite que prévu...

Les Moocs, ces cours gratuits délivrés en vidéo sur internet, connaissent un succès grandissant © Fotolia.com

Petit rappel pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents : depuis deux ans, plusieurs plateformes de Mooc, ces cours gratuits délivrés en vidéo sur internet, ont été créées aux Etats Unis. Elles s'appellent Coursera, Udacity ou EdX, les deux premières sont privées, la troisième est un consortium d'universités à but non lucratif. On y trouve des cours, en vidéo, délivrés par les meilleurs enseignants des meilleures universités.

Et ces cours sont gratuits.

Oui. Ils sont assortis de quiz ou de petits tests qui permettent de vérifier que vous avez compris. Ce que vous payez éventuellement, c'est un certificat, on dit aussi un badge, qui prouve que vous avez réussi ces tests.

Ce que vous nous avez déjà expliqué, c'est que cela pourrait modifier l'économie du savoir puisque ce que l'on vendait jusque là devient gratuit.

Oui. A partir du moment où vous pouvez suivre gratuitement les cours des meilleurs enseignants du monde, pourquoi payer, dans une école de commerce par exemple, pour des cours en amphi délivrés par des enseignants moins réputés. Ce qu'on annonçait donc, c'était une modification du modèle pédagogique et économique. Du modèle pédagogique avec des cours que les étudiants regarderaient en vidéo sur internet ; les cours physiques, dans les écoles, serviraient avant tout à vérifier que vous avez compris, à appliquer les connaissances à des exemples concrets...

Et ça change aussi le modèle économique.

Aujourd'hui les écoles vendent un tout, dont l'enseignement fait partie, mais leur réputation dépend de la qualité de leur enseignement. Or un cours validé sur Coursera par exemple coûte 89 dollars. Si vous voulez acheter 20 cours dans l'année, cela vous coûtera environ 1500 euros. Or une école vous vend l'année à 8.000 euros. Est-ce que le reste du service rendu sera réputé valoir la somme restante, à savoir 6.500 euros ? Ce n'est pas certain.

Quand vous dites le reste, vous parlez de tout ce qu'il y a autour des cours...

Oui. L'encadrement pédagogique, les infrastructures - matérielles ou administratives - le service des stages, le service d'aide à l'emploi, la vie associative, l'ingénierie pédagogique, la marque aussi (une école reconnue sur le marché de l'emploi, cela a plus de prix) etc. C'est la valeur de ces services qui va demain devenir de plus en plus importante. Si tout le monde peut offrir les meilleurs cours, c'est là-dessus que se fera la différence.

Jusque-là c'est un modèle un peu théorique. Il est en train devenir réel.

Oui, en tout cas dans les écoles de commerce. Exemple à Grenoble école de management. Un cours va être délivré cette année à partir d'un Mooc de la plateforme Udacity. Les étudiants vont suivre cet enseignement, délivré par un prof mythique de Stanford, passer les quiz, et en cours ils travailleront sur des applications de cet enseignement.

Et ce sera pris en compte dans l'obtention du diplôme

Oui. C'est ça la révolution et elle avait beau être annoncée comme imminente elle arrive très très vite. Car toutes les écoles de commerce vont à terme être confrontées à des questions d'étudiants qui voudront eux aussi valider certains enseignements via des Moocs. La question se posera d'autant plus vite que Gem est une très bonne école.

Autre indice de la déferlante qui s'annonce : un des plus grands groupes privés mondiaux d'enseignement supérieur, Laureate Education, qui possède en France notamment le groupe Inseec, vient d'investir dans la plateforme Coursera. S'il le fait ce n'est pas pour rien : il devrait favoriser l'utilisation de la plateforme dans ses écoles.

Et puis de nouveaux acteurs apparaissent.

Une PME First Finance, qui se présente comme leader international en training et formation en Finance, vient d'annoncer le lancement d'un MOOC en trois langues (français, puis anglais et chinois). Le programme s'adresse aussi bien à des étudiants qu'à des professionnels en activité. Ce MOOC est réalisé en partenariat avec Pascal Quiry, ex managing partner de BNP Paribas et enseignant à HEC, qui l'animera.

Là encore, le monopole des écoles et des universités est attaqué..

Oui. Elles ne seront plus les seuls lieux de délivrance du savoir.

Alors attention, elles ne vont pas disparaître : d'abord elles sont les seules à offrir justement autre chose que des savoirs, elles sont toujours des tiers de confiance  solides pour les entreprises – on sait qu'un diplôme de telle école a une valeur, parce que l'école a correctement vérifié le niveau des étudiants. Et puis ce sont elles qui emploient les enseignants et qui abritent la recherche, elles sont le fonds de commerce de nos fameux Moocs.

Mais ce qui est sûr c'est qu'elles vont devoir évoluer très vite pour s'adapter à cette nouvelle donne, qui place l'étudiant au centre de toutes les attentions.

Je laisse la conclusion à GEM, l'école vient de publier un passionnant livre blanc sur l'école du futur ; il ne dit pas autre chose. Il prédit que "le grand retour de la pédagogie sera la principale plus-value des établissements".

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Moussa CISSE (anonyme),
Formidable !à quand le début de ce mooc et comment s'inscrire?
Avatar de anonyme
Yvan Pigeonnat (anonyme),
La richesse d'une situation pédagogique réside dans l'interaction (que ce soit entre l'enseignant et les étudiants, ou celle générée par l'enseignant entre les étudiants). Alors bien sûr, si l'on compare un MOOC avec un enseignement "traditionnel" dans lequel l'enseignant regarde à peine ses étudiants, la valeur ajoutée du cours présentiel est très faible par rapport à un MOOC. Par contre, si l'on compare avec un enseignement basé sur des méthodes dites actives, comme les buzz groupes utilisant éventuellement des boitiers de vote électroniques, ou la méthode dite du débat scientifique, ou toute autre technique de rétroaction en classe (toutes ces méthodes fonctionnent très bien même en amphi, le seul problème étant qu'une grande majorité des enseignants du supérieur ne savent même pas que ces méthodes existent), alors là, il n'y a pas photo, le caractère "Online" et fondamentalement asynchrone du MOOC est très pénalisant et ne permet pas la même profondeur au niveau des apprentissages. Si la France était jusqu'ici très en retard en ce qui concerne les questions de pédagogie dans l'enseignement supérieur, notamment sur les autres pays francophones occidentaux, les choses évoluent puisqu'une vingtaine d'établissements d'enseignement supérieur français se sont ces dernières années dotés d'une structure d'appui pédagogique visant notamment à développer les pédagogies actives citées plus haut. Voir notamment le réseau PENSERA (Pédagogie de l'ENseignement Supérieur En Rhône-Alpes) qui regroupe les conseillers pédagogiques de 8 institutions (écoles et universités) de la région. Les institutions qui ne prendraient ni le train des MOOCs ni celui de la pédagogie de l'enseignement supérieur pourraient bien avoir des soucis à se faire d'ici quelques années...
Avatar de anonyme
Jean-Jacques (anonyme),
Un truc qui sera drôlement pratique, c'est de disposer du texte imprimé des conférences en question: ça sera le livre, et on peut lui prédire un avenir formidable. Il y a un marché extraordinaire!
Avatar de anonyme
KermitThe Frog (anonyme),
"plusieurs plateformes de Mooc, ces cours gratuits " Tout faux dès la première phrase. Des universités: "Et puis ce sont elles qui emploient les enseignants et qui abritent la recherche, elles sont le fonds de commerce de nos fameux Moocs." Ces Moocs sont une plateforme de promotion pour les Universités qui les produisent. Ça n'est ni plus ni moins que de la publicité. Les employeurs ne sont pas dupes et savent pertinemment que seules les Universités sont en état de délivrer une formation de qualité constante et vérifiée, pas leurs Moocs. Les certificats délivrés par les Moocs n'ont que très peu de valeur aux yeux des employeurs. Vous pouvez compter sur les universités américaines pour faire tourner leur fond de commerce, au détriment du portefeuille des étudiants. 8000 euros l'année? Vous ne trouverez pas beaucoup d'universités américaines qui proposent ce type de formation bradée. Le cout moyen d'une année de formation universitaire est d'environ 22 000 dollars dans une université "publique" et 43 000 dollars dans une université privée. Vous ne pensez toute de même pas que les universités et tous ceux qui en dépendent (enseignants, gestionnaires, administrateurs divers, actionnaires...) vont se tirer une balle dans le pied et délivrer des formations "gratuites" par pur altruisme? On peut supposer que ça ne sera pas le cas non plus en France - supposer et espérer: toute cette "dématérialisation" de l'enseignement est une complète absurdité; le nombre d'enfants, adolescents et jeunes adultes souffrant de déficit de l'attention est en pleine explosion, et on leur propose un peu plus de virtuel?? C'est aberrant. Mais très lucratif à long terme pour certains.
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