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Numérique : "L'éducation est affaire de séduction"

le Mardi 4 Septembre 2012 à 17:50 mis à jour à 23:05
Par Clara Beaudoux

. © Radio France

REPORTAGE À l'occasion de la rentrée scolaire, France Info s'est penché sur le numérique dans les établissements scolaires. À Angers, le collège et lycée David d'Angers possède près de 500 ordinateurs et quatre tableaux interactifs, pour 1.371 élèves. Mais comme partout, l'usage des outils numériques dépend beaucoup de la volonté des professeurs.

Le collège et lycée David d'Angers date de 1780. En 1990, il bénéficie d'une restauration complète et le réseau est installé dans tout l'établissement. Aujourd'hui, collège et lycée réunis comptent près de 500 ordinateurs pour 1.371 élèves, soit près d'un ordinateur pour trois élèves (un peu mieux que la moyenne nationale).

Le lycée David d'Angers © Radio France CB

"L'évolution est réelle ces dernières années en terme de numérique. Il faut dire que les collectivités territoriales, bien que de bords politiques différents, ont fait un réel effort chez nous", constate le proviseur de l'établissement Jean-Marie Boucher. "La région (Pays-de-Loire) est allée plus vite et plus tôt que le département (Maine-et-Loire), ce qui fait que le taux d'équipement du lycée est un peu meilleur que celui du collège", précise-t-il.

Aujourd'hui, l'établissement possède donc au moins un ordinateur par salle, et "progressivement on a pu équiper chaque salle d'un vidéo projecteur", se félicite également le proviseur. "Cela fait cinq ans que je suis là, et depuis, le taux d'équipement en vidéo projecteurs par salle est passé de 25% à 100%", indique-t-il.

"Le vidéo projecteur, c'est de la préhistoire"

"Les vidéo projecteurs, c'est de la préhistoire", considère pour sa part Sylvie Beuzon, professeur d'anglais au collège David d'Anvers, avant de se reprendre : "enfin je veux dire que c'est dépassé et limité, car on ne peut pas agir dessus". Il faut dire que cette enseignante est une grande défenseuse du tableau numérique interactif.

L'établissement dispose de quatre tableaux interactifs de ce type, majoritairement utilisés en Sciences au lycée et en Langues au collège, même si peu de professeurs les utilisent. Chaque tableau coûte environ 1.000 euros, pour certains payés par les chèques Tice (Technologies de l'information et de la communication pour l'éducation) des collectivités territoriales.

Le proviseur, lui, modère son enthousiasme quant à ces tableaux numériques : "Cela demande une maîtrise de l'outil et donc du temps et un investissement personnel des professeurs. Et puis en fait, pour que cela fonctionne bien, il faudrait un tableau par salle, car ici on a essayé de faire tourner les professeurs autour du matériel, mais c'est extrêmenent difficile car ils sont attachés à leurs salles".

"Il faut des professeurs capables d'exploiter ces moyens là"

Le chef de l'établissement pointe ainsi une des grandes questions du développement des outils numériques à l'école : la formation des professeurs. "Les moyens sont une condition nécessaire mais pas suffisante, en face il faut mettre des professeurs capables d'exploiter ces moyens là", constate-t-il. Et tous n'ont pas forcément envie de s'y mettre, à l'image de ce professeur de mathématiques "en fin de carrière".

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À l'opposé, certains professeurs voient dans les outils numériques une formidable méthode pour aborder certaines notions des mathématiques. Mustapha Bounaïm, professeur au lycée, utilise des logiciels de maths avec ses élèves (comme Geogebra) et insiste sur le fait qu'il n'utilise que des logiciels gratuits et téléchargeables par tous : "C'est important pour qu'il y ait une égalité d'accès, l'argent ne doit pas être une condition".

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Le proviseur Jean-Marie Boucher dans le studio de France Info installé dans son lycée mardi © Radio France CB

L'Environnement numérique de travail (ENT) totalement adopté

"Moi mon problème c'est de savoir ce que peut apporter le numérique au collectif dans l'éducation ?" explique le proviseur. "Par exemple, le cahier de texte numérique change la donne, il permet aux professeurs d'être en lien plus direct avec les parents et les élèves, de mettre des compléments en ligne. Même si cela pose aussi des problèmes éthiques  : est-ce qu'on met les devoirs et les corrigés en ligne avec la traçabilité des corrigés ?" interroge Jean-Marie Boucher, en référence à l'Environnement numérique de travail (ENT) de l'établissement.

"Avec ce cahier de texte numérique, les enseignants ont bien compris qu'il y avait un intérêt, que c'était plus rapide, qu'ils pouvaient travailler de chez eux.... Ils s'y sont mis car c'était séduisant, c'est comme ça que les choses avancent", conclue-t-il.

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L'usage d'outils numériques dans l'établissement dépend donc souvent des bonnes volontés, et donne parfois de sympathiques résultats, comme ce lipdub réalisé l'année dernière par des élèves du collège David d'Angers, à l'initiative d'une assistante d'italien : 

Lib Dub Italiano 2012 © simofano

Par Clara Beaudoux
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