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Les métiers de la course au large

le Mercredi 7 Novembre 2012 à 14:45
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Le départ du Vendée Globe sera donné samedi 10 novembre. L'occasion de se pencher sur des métiers qui font rêver, les métiers de la course au large, avec Sandrine Chesnel, de la rédaction de l'Etudiant.

Le métier qui fait le plus rêver dans ce secteur, c'est celui de skipper. Un métier difficile d'accès et qui regroupe deux métiers :

Le skipper qui fait du convoyage de bateau, qui loue ses services pour promener des clients sur leur propre bateau d'un port à l'autre, celui-ci doit avoir un brevet, pour avoir le droit de convoyer des bateaux et transporter des passagers.

Les skippers qui font de la course au large, les Franck Cammas, Loïck Peyron, ou pour citer les coureurs du Vendée Globe, François Gabbart, Armel Le Cleach, Samantha Davies, des navigateurs et des navigatrices qui traversent les océans et qui vivent de leur passion – ceux-là sont beaucoup moins nombreux.

Il n'y a pas de diplôme de skipper de course au large, mais en revanche il y a quand même des parcours types qui se dessinent, notamment chez les plus jeunes.

Sur ce sujet, le navigateur Kito de Pavant, qui est engagé sur le Vendée Globe, dit qu'avant, pour devenir skipper professionnel, il fallait du bagout et que maintenant, il faut du bagage.

Les plus anciens des skippers se sont surtout formés sur le tas, ils ont décroché leur premier embarquement en trainant sur les quais, en apprenant exclusivement des plus anciens.

Les plus jeunes skippers sont beaucoup plus diplômés

François Gabart, 29 ans et qui va courir pour la 1ère fois le Vendée Globe, est diplômé de l'INSA Lyon. Il a un diplôme d'ingénieur en génie mécanique, qu'il a complété par une formation à l'entreprenariat. Il y a aussi Franck Cammas qui a décroché la Volvo Ocean Race cet été, et qui a lui aussi un diplôme d'ingénieur.

Etre diplômé d'une école d'ingénieur n'est pas obligatoire pour devenir skipper de course au large, mais cela aide. Depuis plusieurs années déjà les bateaux sont de plus en plus techniques, de plus en plus complexes, avec des gros budgets et la nécessité pour les skippers de manager des équipes de plusieurs personnes très qualifiées – et pour toutes ces raisons, les profils de pur autodidacte ont de moins en moins de place.

La filière sport/étude est très intéressante, tout comme les écoles qui permettent des aménagements de parcours pour que leurs étudiants/régateurs puissent concilier les études et la compétition.

Donc le futur navigateur commence par faire ses classes sur des petits bateaux, des dériveurs, et puis si il a des résultats, si il gagne des courses, il lui faut aller se perfectionner dans des écoles de courses au large.

La plus connue c'est en Bretagne, le Pôle Finistère de Port La Forêt, huit des concurrents du Vendée Globe sont passés par Port La Forêt.

Il y a aussi un petit nouveau, c'est le Centre d'entraînement méditerranéen de la Grande Motte, donc là tout au sud, qui a le mérite de prendre des profils un peu plus jeunes et éventuellement sans budget, c'est-à-dire sans sponsor.

Les sponsor

L'argent dans ce domaine est le nerf de la guerre. Et là pas de miracle, pour décrocher un budget il faut du résultat, du résultat, du résultat, qui permettent de décrocher un premier budget par exemple pour la course du Figaro, qui est considéré comme un marche pied vers les grandes courses, et puis si on décroche une belle place, on peut ensuite décrocher un budget pour un plus gros bateau.
Mais il ne faut pas perdre de vue que le skipper n'est pas propriétaire de son bateau : ça veut dire que d'une saison sur l'autre, il est peut être remplacé par un autre skipper.

C'est un petit milieu que celui de la course au large, il est quand même possible de rapidement se faire connaître, il y a toujours quelqu'un qui connait quelqu'un, qui a besoin d'un équipier spécialisé dans tel ou tel domaine

Donc trainer ses guêtres sur les pontons, c'est un peu incontournable pour resauter et se faire connaître, MAIS il faut avoir quelque chose à vendre, comme je le disais tout à l'heure. Si je reprends l'exemple de Groupe Bel, l'un des plus jeunes membres de l'équipe de Kito l'année dernière était le spécialiste des composites stratifiés : c'est quelque qu'un qui avait préparé un diplôme de stratifieur après son bac à l'institut nautique de Bretagne, et qui a fait tout bêtement un 1er stage sur le bateau de Roland Jourdain, ça s'est bien passé et ensuite il a fait un autre stage, et puis un jour il a rencontré Kito de Pavant, le courant est passé et il s'est retrouvé dans l'équipe de Groupe Bel pour préparer le bateau pour la transat Jacques Vabre l'année dernière.

Une équipe de course au large c'est beaucoup de métiers très différents.

Si on prend l'exemple de Groupe Bel, qui est le bateau de Kito de Pavant, ce bateau de 18 mètres a donc un skipper, Kito, mais derrière Kito, il y a une demi douzaine de professionnels : un directeur technique, un directeur sportif, un boat captain, qui est un peu la nounou du bateau, celui qui s'occupe de l'avitaillement avant le départ, il y a un spécialiste des composites, un mateloteur, qui prépare les bouts, les cordages, il y a même un responsable informatique qui s'occupe de tout l'équipement embarqué, et tout ces gens-là sont des marins.

Lecture :

La biographie de Kito de Pavant, qui vient de sortir, Le plus grand navigateur de tout l'étang. Elle se lit comme un roman d'aventures et retrace le parcours assez épatant d'un navigateur très sympathique qui sera lui aussi au départ du Vendée Globe samedi.