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Une rentrée au régime sec à l'université de Nantes

le Mardi 18 Septembre 2012 à 07:15
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La rentrée s'annonce très tendue dans certaines universités qui connaissent de grandes difficultés financières. L'an dernier, près de 10 universités sur 80 ont présenté un budget dans le rouge. A Nantes, ces difficultés commencent à avoir des conséquences très concrètes pour les étudiants.

Des étudiants de l'université de Nantes © Radio France

À Nantes, les enseignants chercheurs, les directeurs de département, et même le président de l'université qui garde le sourire, ont en réalité la gorge très serrée en cette rentrée. Cette université qui accueille plus de 30.000 étudiants affichait l'an dernier un budget en déficit de 9 millions d'euros sur 301 millions et elle applique une politique de rigueur : des cours sont supprimés, des formations ferment, et l'université a décidé de ne plus financer la totalité des heures complémentaires des enseignants. C'est le régime sec et cela ne concerne pas que les lettres. Finalement le budget a été équilibré, au prix de mesures d'économie.

À la faculté de sciences, "on a un master en composants électroniques qui ferme en cette rentrée", regrette Dominique Averty, le responsable du département de physique à la fac de sciences, "et si les difficultés persistent, on sera amené à fermer d'autres formations", ajoute-t-il. Et pourtant ces masters de physique offrent des débouchés, les laboratoires de sciences ont une renommée internationale, mais l'université ne peut plus se permettre d'ouvrir certaines formations et les équipements coûtent cher. Le vice-doyen de la fac de sciences, Ahmed Rahmani, est très inquiet pour 2013, il n'est pas certain de pouvoir faire fonctionner les salles de travaux pratiques.

"C'est une logique de destruction de l'université telle qu'elle s'est constituée" (Maître de conférence en philosophie)

La faute à l'autonomie ? Alors pourquoi cette université est-t-elle dans le rouge ? A Nantes, une raison apparaît clairement : les carrières des enseignants ont progressé, les salaires ont augmenté, et l'Etat n'a pas donné d'argent supplémentaire. Pour le président de l'université, il faut que l'Etat tienne ses engagements. L'université, autonome, doit se débrouiller toute seule avec un budget qui n'augmente pas. Difficile. En lettres, certains maîtres de conférence comme Patrick Lang, en philosophie, accusent la loi sur l'autonomie des universités, votée en 2007.

Cette année, des cours comme la littérature ou la note de synthèse sont supprimés des masters de lettres modernes. En philosophie, le latin et le grec sont menacés. Pour Valentin Bourgeois, de l'Unef, le premier syndicat étudiant, "il ne faut pas que l'université continue de voter un budget en déficit". "Il faut au contraire que le président de l'université de Nantes ramène des sous du ministère !", tempête-t-il.

L'université de Nantes à nouveau en déficit en 2013 ?

Des arbitrages cruciaux. Alors, l'université de Nantes peut-elle espérer un geste du ministère de l'Enseignement supérieur ? Les négociations se jouent en ce moment entre les universités, le ministère de l'enseignement supérieur et celui du budget. Mais à Nantes, l'université devrait à nouveau être en déficit en 2013 puisqu'elle a épuisé son fonds de roulement, c'est-à-dire ses réserves, et globalement, Louis Vogel, le président de la CPU, la conférence des présidents d'université n'est pas optimiste. "Dans le contexte actuel, il est très difficile d'espérer des augmentations", explique-t-il.

En tous cas, pas question d'accepter un budget de l'enseignement supérieur en baisse. Les présidents d'université attendent des engagements clairs de la ministre Geneviève Fioraso qui tient sa conférence de presse de rentrée ce matin. Tous gardent en mémoire la priorité à la jeunesse qui a été donnée par le président de la République pendant sa campagne. Ils ne veulent pas que les universités soient sacrifiées.

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