aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Les enfants auront-ils école le mercredi matin à la rentrée 2013 ?

le Mercredi 20 Juin 2012 à 07:15
  • 12 commentaires
  • Votre évaluation : Aucun Moyenne : 4 (5 votes)

Alors que le gouvernement va négocier en juillet sa réforme des rythmes scolaires, coup de projecteur sur une école pilote qui fait classe le mercredi matin : l'école de l'Isoret, à Angers. En échange, les élèves finissent les cours à 15h30 et ils choisissent ensuite des activités ludiques et sportives financées par la mairie. Le bilan est très positif.

Atelier jeu de stratégie pour les enfants de l'école de l'Isoret à Angers © Radio France - Célia Quilleret

Cette école de l'Isoret, à Angers (Maine-et-Loire), a décidé de réagir après la suppression de l'école le samedi matin en 2008. Les enseignants et les parents d'élèves ont choisi d'expérimenter de nouveaux rythmes scolaires, "pour remettre l'enfant au centre", explique son directeur, Dominique Bruneau. "On avait l'impression que l'enfant avait été oublié dans cette histoire", ajoute-t-il.
Depuis deux ans, les enfants ont donc classe le mercredi matin de 8h30 à 11h30, et les autres jours de 8h30 à 15h30. Après 15h30, la mairie leur propose une dizaine d'activités de découverte : chorale, danse, poterie, cirque... Et il ne s'agit pas d'une garderie bruyante, fatigante.

Deux ans après cette petite révolution, Dominique Bruneau commence à avoir du recul sur ces rythmes. Et pour lui, c'est un succès, sans hésiter, car "les enfants sont moins fatigués, cela a amélioré le bien-être à l'école". Clémence, en CM1, avoue même qu'elle est contente de venir le mercredi, sinon elle "s'ennuie à la maison !"

Quant aux parents, ils voient la différence : leurs enfants acceptent mieux de faire leurs devoirs le soir, la coupure des ateliers leur est bénéfique. C'est ce que constate également Christophe Boujon : cet enseignant-chercheur à Angers observe cette école de très près. Les élèves remplissent des cahiers de vie pour voir à quels moment ils se sentent fatigués, et pour lui, les activités ne créent pas de fatigue supplémentaire, bien au contraire. 

Surcoût pour les communes

Pour Luc Belot, adjoint au maire d'Angers (PS) et récemment élu député, ces activités après 15h30 représentent "un surcoût pour la commune de 15.000 à 20.000 euros par école". Mais il est prêt à payer pour que toutes les écoles d'Angers soient logées à la même enseigne, car les bénéfices sont importants. D'ailleurs, l'école le mercredi représente au final une économie non négligeable puisque les centres de loisirs ne fonctionnent plus à ce moment-là. 

De son côté, Yves Fournel, adjoint au maire de Lyon et membre du Réseau français des villes éducatrices, milite pour l'école le mercredi matin avec une pause plus grande à midi et une fin des cours à 16h30, qui "coûterait moins cher aux communes".

Grande négociation en perspective

Pour les enseignants de cette école, s'il n'a pas été simple de renoncer à une matinée non travaillée le mercredi, pas question de revenir en arrière. "Les heures du mercredi sont très efficaces", explique Laurent Vernerey, enseignant de CP. "Et cela nous permet d'espacer les matières les plus difficiles", ajoute-t-il.

Plus globalement, le principal syndicat des enseignants de primaire n'est pas opposé à l'école le mercredi matin. Il est donc envisageable que le ministère de l'Education arrive à faire passer le mercredi. Mais en échange, les enseignants attendent une compensation. Ils souhaiteraient par exemple que l'aide personnalisée en petits groupes soit revue, ou que leur temps de service soit diminué.
Tout se négocie, ce ne sera pas simple, mais le gouvernement tient à ajouter une demi-journée de classe, elle ne sera pas facultative. C'est un engagement présidentiel.

Depuis 2008, les communes peuvent demander une dérogation pour ouvrir l'école le mercredi. Mais moins de 5 % y sont parvenues. Sur ce sujet délicat, un cadrage national semble nécessaire. 

Grande pause à la mi-journée, ici sous le préau, pour les enfants de l'école de l'Isoret à Angers © Radio France Célia Quilleret

12
Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
David Clarys (anonyme),
Le risque avec ce genre de sujet, c'est que le débat ne s'appuie que sur le vécu personnel et c'est ce qi ressort de la plupart des commentaires. Pour se positionner, il faut savoir se détacher de sa condition même si elle est parfois difficile et regarder les faits scientifiques pour que le débat soit objectif. Claire Leconte apporte quelques éléments à ce sujet : (1) ce qui importe, c'est que les journées de classe ne soient pas trop longues (la garderie qui précède ou qui suit éventuellement n'a rien à voir avec la classe en terme de fatigue attentionnelle), (2) il faut que le rythme des enfants soit le plus régulier possible. La coupure du mercredi (et du week-end) et donc néfaste. Plus la semaine sera régulière, plus elle sera supportable pour les enfants. La priorité devrait donc être la classe le mercredi, ce qui n'exclut pas en plus la classe le samedi, comme dans l'exemple Lillois qu'elle cite. Chacun doit avoir à l'esprit que l'essentiel c'est le bien être des enfants ce qui leur permettra de mieux assimiler les apprentissages scolaires. Le vécu ou le ressenti individuel doit être mis au second plan. Cest un choix collectif auquel chacun et l'organisation de la société toute entière devra s'adapter.
Avatar de anonyme
pourquoi aller au collège le mercredi matin ne gêne personne ou presque mais à l'école primaire oui ? douce France cher pays de raleurs, eternels insatisfaits et réfractaires au changement !!!!!! réveiller des enfants pour l'école ou le centre de loisirs (tout le monde n'a pas la chance de rester à la maison le mercredi) quelle différence ?
Avatar de anonyme
Alison (anonyme),
Pour ma part je travaille du lundi au vendredi et si mes enfants ont écoles le samedi matin, ils devront se lever 6 jours sur 7 à 7h. Alors je ne vois pas en quoi ce système permettrait à l'enfant de se reposer!! Je trouve la solution de l'école pilote plutôt intéressante, après vient toujours le problème financier, mais ce système permet aux enfants de découvrir des activités que des parents moins fortunés pourraient offrir à leur enfant! Enfin c'était juste pour donner mon avis. Bonne journée à tous.
Avatar de anonyme
c'est beau comme idée.. sauf que la plupart des communes n'auront pas les budgets pour organiser des activités l'après-midi... dans les quartiers défavorisés, vaut-il mieux que les gamins soient à l'école ou qu'ils traînent dans la rue ?
aller directement au contenu