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Pour séduire, les facs recrutent à l'étranger

le Mercredi 9 Octobre 2013 à 07:15
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Concurrence internationale oblige, les établissements sont de plus en plus nombreux à tenter d'embaucher des enseignants étrangers. C'est un gage de prestige, l'assurance d'attirer les étudiants du monde entier. Exemple à l'école d'économie de Toulouse (TSE), établissement en pointe dans le recrutement de professeurs de renommée mondiale.

L'université de Toulouse 1-Capitole © Radio France - Sébastien Baer

Derrière les murs de briques rouges de l'ancienne manufacture de tabac, c'est une petite multinationale : des cours en français et en anglais, 700 étudiants venus du monde entier et 145 professeurs de 18 pays différents. L'école recrute ses enseignants dans le monde entier. Régulièrement, des émissaires sont envoyés en mission pour prospecter, aux États-Unis, au Canada...

Faites passer la souris sur la photo pour écouter le contenu additionnel ©Radiofrance/Sébastien Baer

En permanence, l'établissement est à l'affût de la perle rare, du chercheur confirmé ou du talent de demain. Indispensable pour rester compétitif assure Bruno Sire, le président de Toulouse 1-Capitole. "On cherche le meilleur, on ne cherche pas la seconde division. On veut être dans les deux ou trois universités d'Europe qui rivalisent avec le reste du monde. Pour ça, il faut attirer les meilleurs chercheurs en leur faisant des propositions. Donc il faut être présent sur le terrain, aux grands congrès... Il y a quelques dizaines d'individus susceptibles de nous intéresser et ce sont eux qu'on essaie de repérer pour les attirer ici".

Et cette stratégie fonctionne, 49 des 145 enseignants-chercheurs de l'école d'économie de Toulouse sont étrangers. Un sur trois. Ils viennent des Etats-Unis, de Nouvelle-Zélande, du Japon, de la Russie ou encore d'Egypte.

Séduire les professeurs

Impossible de rivaliser financièrement car les universités américaines proposent des salaires deux à trois fois supérieurs. Exemple: jusqu'à 10.000 euros mensuels aux Etats-Unis pour un professeur de finances... 3.500 euros à Toulouse. Alors, l'établissement tente de faire la différence à un autre niveau: elle propose à ses nouvelles recrues un accompagnement, presque du sur-mesure explique Joël Echeverria, le directeur délégué de l'école. "Quand on arrive de l'étranger, c'est parfois compliqué de se dire j'ai un permis de conduire américain, il n'est pas valable en France, j'ai une voiture aux Etats-Unis, comment la rapatrier ? J'ai des enfants, comment je les scolarise alors qu'ils ne parlent pas français ? On propose ce genre de services pour essayer d'emporter la décision, et faire que le chercheur ait plus envie de venir à Toulouse, plutôt qu'à Londres ou à Barcelone".

Chaque année, l'établissement dispose d'une enveloppe de 600.000 euros. Pour cette rentrée 2013, l'école de Toulouse a encore recruté 14 enseignants-chercheurs, dont 13 venus de l'étranger. "Plein de chercheurs renommés viennent ici à Toulouse, le niveau académique ici est le même que celui d'une super fac aux Etats-Unis," assure Renato, un enseignant-chercheur brésilien de 32 ans arrivé à Toulouse il y a 3 ans.

"Ce n'est pas le salaire qui est intéressant mais la flexibilité", explique Ingela, d'origine suédoise. "Je peux choisir de ne pas enseigner et me consacrer à la recherche pendant un an si je le souhaite, c'est un grand luxe qui n'existe pas aux Etats-Unis ou au Canada". Aujourd'hui, l'école d'économie de Toulouse figure dans le top 10 mondial, aux côtés de Berkeley, Harvard, Princeton, New-York, Chicago ou Londres.

Nouvelle tendance

Quand elles ont besoin de recruter, c'est désormais dans un vivier mondial que puisent les écoles et les universités françaises. La fac de Paris 7 Diderot est parvenue à faire venir le prix Nobel de physique 2006, l'Américain George Smoot. 

Recruter des professeurs étrangers permet d'attirer les étudiants du monde entier indique Denis Monneuse, sociologue à l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de Paris. "Pour qu'une école soit bien vue, il faut avoir un certain nombre d'étudiants et de professeurs étrangers. Cela permet d'être bien placé dans le classement de Shangaï ou du New-York Times. C'est un label de qualité très important pour que les étudiants étrangers viennent en France. En terme de crédibilité, c'est un avantage extrêmement important" A Toulouse, on rêve de recruter un jour un prix Nobel d'économie. Une denrée très rare sur le marché des professeurs d'université. 

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Incredule (anonyme),
Je vois d'ici le futur flash info : "Toulouse 1-capitole en tête du classement de Shangai grâce à son troisième prix Nobel d'économie" Attention, auditeurs prenez-note ! Rendez-vous sur France Info en 2050 !
Avatar de anonyme
Guillaume (anonyme),
Je suis un ancien étudiant UT1 qui a vu naitre et grandir la TSE. Il y a une chose ultra importante non mentionnée dans cet extrait c'est que cette école est une école rattachée à l'université et que par conséquent elle coûte EXACTEMENT la même chose que l'université. Donc en gros 500€ l'année (en gros). Et l'attraction des nobels, elle n'a pas forcément besoin de se faire, étant donné qu'il y a un aspirant nobel au sein même de la TSE à savoir Jean Tirole. Nous saurons lundi s'il est l'heureux élu et je lui souhaite mais là quand même faire l'impasse sur un tel homme c'est "moche".
Avatar de anonyme
L excellence d'une école se mesure aussi à la qualité des professeurs.Il est très important de recruter des professeurs étrangers qui ont fait leur preuve et qui amènent du sang neuf à nos écoles assez souvent sclérosées.La preuve en est que les concours des grandes ècoles de commerce reposent sur des principes vieux et absurdes. Ainsi un étudiant peut être admis gràce aux maths ou/et l' histoire sans même avoir été testé sur ses connaissances en matières économiques signe de sa propre motivation dans ce domaine. Notre enseignement est trop dogmatique dans son contenu et ses méthodes. Nos professeurs pour certains se comportent comme des fonctionnaires d' il y a 50 ans ! La preuve en est que beaucoup de jeunes n' hésitent pas à s' expatrier pour se former dans des écoles de réputation internationale adaptées au monde d' aujourd'hui. C'est pourquoi, je pense que l' expérience faite à Toulouse est très enrichissante et profite à tous aussi bien aux professeurs qu' aux étudiants car justement elle permet par l' échange des savoirs d' améliorer le niveau à tous points de vue.Ceux qui pensent que l' on progresse en restant enfermé chez soi se trompent !!!
Avatar de anonyme
Répugnant... Quand plus aucun prof français ne trouvera de boulot dans son propre pays et que les jeunes français ne trouveront plus de fac correspondant à leurs moyens, on sera devenu un pays du quart monde...
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