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Geneviève Fioraso porte plainte contre l'université Fernando Pessoa

le Jeudi 13 Décembre 2012 à 05:00
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L'arrivée de l'université portugaise privée Fernando Pessoa à La Garde, dans le Var, près de Toulon a déclenché une levée de boucliers. Cette université forme entre autres des dentistes, des pharmaciens. Elle pourra délivrer des diplômes européens valables en France. Les étudiants contournent ainsi le numerus clausus. C'est une première, mais la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a déposé plainte contre cette université.

Cette université loue les anciens locaux de l'hôpital Clemenceau à La Garde tout près de l'université de Toulon © Radio France - Célia Quilleret

Il y a moins de 30 étudiants en cours dans cette université située dans des locaux assez vides d'un hôpital à La Garde, pas très loin de l'université de Toulon. L'ambiance est étrange, un mois tout juste après l'ouverture. Pour le moment, c'est confidentiel, mais l'université attire les étudiants et leurs parents, le téléphone sonne dans le bureau du secrétariat.

Le vice-président de l'université, Bruno Ravaz, a déjà recueilli près de 500 demandes d'inscription pour janvier et septembre 2013. Nicolas fait partie des premiers inscrits, il est en cours de première année de faculté dentaire. Il a échoué deux fois dans le cursus classique, en première année de santé à Marseille. "Je vais pouvoir réaliser mon rêve", confie-t-il, "j'ai envisagé de partir en Roumanie, mais j'ai été pris ici", explique-t-il, et le diplôme est exactement le même, à une différence près, l'année coûte 9.500 euros.

Un bras de fer judiciaire

Sauf qu'"aucune autorisation d'ouverture n'a été déposée" selon la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, qui a déposé plainte contre cette université. "Les cours ne sont pas décrits, les cursus des enseignants ne sont pas décrits, ils n'ont pas le droit de porter le nom d'université", précise-t-elle.

"Ils n'ont pas le droit d'utiliser le nom d'université",a confié à France Info Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur  
 

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Face à cela, le vice-président de l'université, par ailleurs avocat, disait mardi n'avoir rien reçu de la justice. Cette université cherche à s'implanter depuis plus de deux ans en France, elle ne va pas s'arrêter au premier obstacle. Si 85% des étudiants de première année de santé sont recalés en France, il estime que cette université répond à un besoin des étudiants.

Bruno Ravaz vit cette aventure tel un "pionnier", il confie qu'il saisira la Cour de justice des communautés européennes en cas de conflit avec le gouvernement, pour discrimination. Il précise que son université est libre de s'implanter en France, à condition qu'elle déclare son activité.

Les étudiants et les syndicats demandent la fermeture de l'université

. © Radio France CQ

Pour la présidente de la confédération nationale des syndicats dentaires, le docteur Catherine Mojaïsky, "c'est une question de santé publique". Ce syndicat estime que cette université privée n'a pas une renommée suffisante pour bien former les futurs dentistes ; et pour les étudiants qui se sont battus pour passer le cap de la première année, il n'est pas question d'accepter que d'autres étudiants puissent être dentistes comme eux en payant 9.500 euros par an pendant six ans sans être passé par le même cursus.

"C'est révoltant", affirme notamment Damien Guillaud, de l'union des étudiants en chirurgie dentaire de Marseille. Pour lui, "le territoire français risque d'être inondé de praticiens qui ont acheté leur diplôme".

C'est donc le début d'un feuilleton judiciaire. En tous cas, l'université Fernando Pessoa a déjà prévu d'ouvrir de nouvelles formations dès septembre 2013, en génie civil, en ingénierie de l'environnement, ou en architecture.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Non, le système actuel n'est pas parfait, il s'en faut de beaucoup. Non, ce n'est pas normal que des praticiens dont la validité des diplômes n'est pas établie aient le droit d'exercer sur notre territoire. Oui, le concours de première année est à certains égards injustes et beaucoup trop sélectifs. Ceci dit, lorsque l'on est face à une situation imparfaite, est-ce que la réaction logique est de rajouter de nouvelles imperfections? C'est ce que cette "université" fait... Vous vous plaignez que ce soit un monde "fermé" réservé aux filles et fils de dentistes/médecins mais qu'en sera-t-il à votre avis quand les diplômes seront tous à vendre? Qui pourra payer 10000€ par an si ce n'est justement les étudiants venant des classes sociales les plus aisées? Alors NON à la sélection par l'argent, OUI à la sélection par le mérite, les capacités et le travail, ne vous en déplaise.
Avatar de anonyme
Tiens! on se soucie du numerus clausus pour DES ETUDES FAITES EN FRANCE. En ce qui concerne celles faites en Roumanie (méd-dent-pharma-kiné) pas de problème, pour celles faites en Belgique (infir,orthoph etc) idem, pas de problème non plus pour les études de kiné en Espagne(Gérone) pourtant nombre d'étudiants du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées s'y trouvent moyennant finances évidemment.. Mais en France quel scandale! on parle de diplôme au rabais,de mauvaise qualité des soins,d'argent.A-t-on les mêmes craintes avec les autres diplômes .Tapez sur votre clavier vous verrez les prix. On voit à quoi nous conduit le statut-quo en matière de santé : Une désertification médicale, des mois d'attente pour obtenir des R D V. Toutes ces oppositions à l'ouverture de Fernando Pessoa sont corporatistes,elles ne font que défendre des privilèges et assurer la succession pour le fiston ou la fifille (peut-être se trouvent t-ils déjà dans ces pays là). Au fait! combien de services hospitaliers sont sous la responsabilité de praticiens ayant eu leur diplôme à l'étranger.Des étudiants hors Europe passent ces diplômes pour exercer en France. En janvier 2010,le Figaro titrait: "La Roumanie nouvel éden des étudiants en médecine" Il faut arrêter tout ce tintamarre, ne pas se tromper en n'écoutant que les pleurs de ceux prêchant pour leur paroisse.Ouvrons-nous un peu plus aux autres, ou bientôt le même cas de figure se reproduira pour les professeurs des écoles etc...
Avatar de anonyme
Le numerus closus ne sert qu'a tenter de garantir des revenus plus confortables aux praticiens en limitant leur nbre. Ceux-ci oublient vite qu'ils ont une mission de service public et qu'ils sont payés par les cotisations de tous sans faire l'effort de se répartir sur l'ensemble du territoire national. Par angélisme nos élus se préparent à distribuer toujours plus d'argent (le notre bien sûr) à une caste qui pensent que les praticiens étrangers toujours plus nombreux sont tous de vertueux élèves qui n'achètent pas leur diplôme ! Continuez à vous arque bouter sur vos privilèges, demain vous serez en compétition avec des praticiens étrangers pendant que des milliers d'etudiants français seront devenu chômeurs ! Cessez de croire que le gouvernement français est en capacité de contrôler la formation des étudiants étrangers !
Avatar de anonyme
Oui ce système est dangereux mais, France-Info pour la très belle interview de ce matin au sujet "du temps nécessaire pour vivre, se concentrer et développer son intelligence", Egalement sur la nécessité de prendre son temps pour donner une information correcte. C'était une bouffée d'air frais... Un petit côté France ruralo-provinciale que l'on goûte chaque jour dans nos villes moyennes, loin du bruit et de la fureur.
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