Alex, collégien à Anzin, près de Valenciennes, pris en charge... avant le décrochage © Radio France - Célia Quilleret
150.000 élèves quittent chaque année prématurément l'école, sans qualification. Pourquoi une telle rupture? À l'occasion de la 5e journée du refus de l'échec scolaire, France Info vous dévoile en avant-première la dernière enquête de l'Afev auprès de ces "décrocheurs".
Moment charnière dans le parcours des élèves que l'on dit "décrocheurs" : la 3e et la 2nde. Selon l'enquête menée par l'Afev, l'association de la fondation étudiante pour la ville, près de la moitié de ces jeunes ont commencé à ne plus aller en cours lors de ces deux années où l'on atteint en général la fin de la scolarité obligatoire (à 16 ans) et où l'on parle pour la première fois expressément d'orientation. Panique ? Incompréhension ? Sentiment d'abandon ? 92% des élèves interrogés invoquent pour expliquer la rupture un manque de motivation, d'intérêt. 71% affirment avoir "subi" leur orientation en fin de troisième. Et plus de 40% estiment n'avoir été soutenus par personne, malgré leur absentéisme de plus en plus fréquent.
Redonner du sens à l'école
François Hollande s'est engagé à réduire de moitié le pourcentage d'enfants décrocheurs en France. Mais le chantier est vaste et la problématique complexe : comment redonner du sens à l'école pour ces élèves qui ne veulent plus y mettre les pieds ? Près de Valenciennes, trois collèges ont imaginé un dispositif intitulé Étape, comme Écris ton avenir par l'école. Il s'agit de prévenir le décrochage, avant qu'il ne soit trop tard. Ainsi, dès qu'un élève est exclu, il est pris en charge pendant une semaine par des enseignants, des éducateurs et des étudiants.
Lutter contre le décrochage scolaire : reportage près de Valenciennes
Alex, élève au collège d'Anzin, a été suivi par ce dispositif. Il explique aisément son échec : "Les profs écrivent trop vite, et quand je leur demande de ralentir, ils ne veulent pas. Et après, j'ai des remarques. A chaque fois, je prends", confie-t-il un rien désabusé. Pourtant, il a repris pied, a désormais un objectif : devenir cuisinier. Au collège de Beuvrages, commune voisine, cet accompagnement également porte ses fruits. Selon la principale adjointe, Céline Sion, il y a deux ans, moins d'un élève de 3e sur deux sortait du collège avec le brevet. 76% cette année.
Réduire de moitié le nombre de "décrocheurs"
Pour l'Afev, il s'agit donc de multiplier ces expériences d'accompagnement individuel dès l'école élémentaire. L'association plaide aussi pour que l'on travaille sur les tensions au collège, que l'on redonne des perspectives aux élèves et que l'on revalorise le lycée professionnel afin qu'il ne soit plus choisi par défaut.
Autant de pistes soumises au gouvernement. François Hollande, en campagne, s'était engagé à réduire de moitié le pourcentage de décrocheurs en France. Le PS en a fait un de ses chevaux de bataille pendant ses universités d'été en août dernier. Comment procéder ? Réponse peut-être dans le projet de loi d'orientation que le ministre de l'Éducation Vincent Peillon doit dévoiler début novembre.

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