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Monopoly ou le capitalisme ludique

le Mercredi 28 Décembre 2011 à 06:15
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En 1933 Charles Darrow, ingénieur de profession, vient de perdre son emploi. On est à Philadelphie pendant le Grande Dépression et le chômage frappe de plein fouet la classe moyenne américaine. Chez des voisins, il découvre "Le jeu du propriétaire". Un jeu populaire dont il s’inspire pour créer le Monopoly... qui fera de lui le premier millionnaire de l'histoire du jeu de société.

La réedition d'une version ancienne du Monopoly © Hasbro

En découpant la nappe de sa cuisine et en récupérant les breloques du bracelet de sa femme, Charles Darrow crée un prototype fait de bric et de broc.  Pour son plateau, il choisit les rues d’Atlantic City, une ville déjà connue à l’époque pour ses casinos et symbole de l’argent facile. Il présente son jeu aux frères Parker, leaders américains du jeu de société à l'époque... mais se fait refouler.

Ceux-ci changeront d'avis quelques années plus tard, et distribueront finalement le Monopoly qui reste à ce jour le jeu de plateau le plus vendu au monde.  

Le Monopoly c’est le capitalisme ludique pour tous : le but du jeu est de devenir le plus riche possible en acculant ses adversaires à la faillite. Faut-il y voir une une critique ou une apologie de la spéculation ? On notera en tout cas que son personnage emblématique, avec sa moustache et son haut de forme, ressemble fort à l’un de ces millionnaires responsables du krach boursier de 1929.

Devenu non grata dans les pays communistes pendant la Guerre Froide, le Monopoly n'existe dans sa version russe que depuis 1989. Même chose dans les pays arabes où le Monopoly a longtemps été perçu comme un instrument de propagande pro-américain. Il est cependant désormais vendu dans les pays du Golfe. On y vend notamment l'une des 200 versions du jeu : celle où l'on se partage les rues de Dubaï.

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