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Un ouvrier français ne coûte pas plus cher qu’un ouvrier allemand (Insee)

le Mardi 21 Février 2012 à 21:13 mis à jour le Mercredi 22 février à 01:01
Par Gilles Halais

En plein débat sur la "TVA sociale" et la baisse des charges patronales, l’Insee remet les pendules à l’heure en ce qui concerne le coût du travail des deux côtés du Rhin. Et démontre que la part des charges n’est pas déterminante.

Dans l’industrie, le coût horaire d’un ouvrier français est d’environ 33 euros. Comme celui d’un ouvrier allemand, ni plus, ni moins. Ce qui place les deux pays, non seulement sur un pied d’égalité, mais aussi dans le groupe "à fort coût", relève l’Insee dans une étude publiée aujourd’hui, portant sur des chiffres de 2008.
Et contrairement aux idées reçues – et rebattues dans cette campagne présidentielle –, dans certains secteurs comme l’automobile, une heure de travail d’un ouvrier allemand coûte même plus cher que la même heure d’un ouvrier français : 43,14 euros en Allemagne contre 33,38 euros en France.

Dans les services, et globalement dans le secteur marchand, l’écart demeure cependant favorable à l’Allemagne.
L’étude relève par ailleurs que le coût horaire croît avec la taille de l’entreprise. Dans une entreprise française de plus de 1.000 salariés, il est supérieur de 50% à celui des entreprises de moins de 50 salariés. En Allemagne, il est multiplié par deux dans les grandes entreprises.

Baisse des charges patronales mise à mal

La publication de cette étude de l’Insee (la précédente remontait à 1996), prévue de longue date, est bien embarrassante pour le candidat Nicolas Sarkozy. Qui justifie l’instauration d’une "TVA sociale" par la nécessité impérieuse d’abaisser dans le même temps le coût du travail dans l’industrie française. Le projet de loi sur la mise en place, au 1er octobre, de ces nouvelles mesures a d’ailleurs été adopté ce mardi, au moment où l’Insee communiquait sur son étude.

L’Insee relève d’ailleurs que le taux des charges patronales – qui doit être abaissé pour compenser la hausse de la TVA – n’est pas un élément déterminant. "Seul le niveau global de taxe compte, pas la répartition entre cotisations sociales employeurs, cotisations sociales salariés et impôt sur le revenu", ajoute l’institut de la statistique.
Conclusion de l’Insee : le coût du travail n’est pas une donnée pertinente pour expliquer les bons résultats de nos voisins allemands, notamment en matière d’exportations. Une conclusion qui renvoie dos à dos tous les candidats qui prennent appui sur "l’exemple allemand" pour batailler dans la course à l’Elysée.

Un ouvrier français ne coûte pas plus cher qu’un ouvrier allemand, révèle l'Insee - Reportage d'Isabelle Raymond  

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Par Gilles Halais
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