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Sommet européen : feu vert à une surveillance accrue des banques

le Vendredi 29 Juin 2012 à 07:50
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La nuit a été très courte pour les dirigeants européens réunis au sommet à Bruxelles. Ils parvenus à deux deux accords importants.

Le premier entérine le fameux pacte de croissance tant attendu par les pays européens qui avaient jusqu'à présent mis en avant les politiques de rigueur. Ce plan repose sur les 120 milliards d'euros décidés à la fin de la semaine dernière à Rome. 120 milliards, c'est environ 1% du PIB européen mais ce n'est pas de l'argent sonnant et trébuchant. Il s'agit de recourir essentiellement aux fonds structurels, c'est à dire des sommes que les Etats sont censés débloquer chaque année pour aider certains secteurs d'activités ou régions. Crise oblige, cet argent ne sort plus des caisses depuis longtemps.  Mais la réelle avancée de la nuit concerne les banques avec la création d'une instance unique de supervision bancaire dans la zone euro.

En quoi cet accord est-il particulièrement important ?

A la fois pour des raisons techniques et politiques. Sur le plan technique, les banques de l'Eurogroupe pourront être recapitalisées directement par le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité qui doit voir le jour le 1er juillet, mais cela se fera sous contrôle d'un nouvel organisme qui sera rattaché, de loin ou de près (ce point est encore à préciser) à la Banque Centrale Européenne. Le tout devant être mis en place d'ici la fin de l'année. On a donc six mois pour parler des détails et là, on en arrive au versant politique du dossier : le système sur lesquels on s'est mis d'accord cette nuit répond visiblement en tous points, au moins dans l'esprit, aux exigences de Berlin. Angela Merkel voulait cet organe de contrôle central. Elle a obtenu gain de cause mais, en échange, a dû céder sur ce qu'elle rejetait jusqu'à présent, à savoir le soutien des banques par le Mécanisme Européen de Stabilité. La question est de savoir si d'autres éléments ont été mis dans la balance.

Vous voulez parler des eurobonds ?

Oui car dans la phase de négociation menées ces dernières semaines, on était clairement dans la politique du donnant-donnant. Si les dirigeants européens dont François Hollande ont dit oui à cette structure de supervision bancaire, c'est d'abord pour sauver le système (faut-il rappeler que ce sont les banques qui financent l'économie réelle) mais aussi pour avancer et gagner du terrain sur d'autres dossiers comme la mutualisation des dettes à travers les euro-obligations. Paris et d'autres capitales ont-elles accepté cette nuit de céder un peu de souveraineté sur le contrôle de leurs banques dans la perspective d'obtenir plus de la part de Berlin sur la mutualisation des dettes pour sauver les pays en difficulté ? Les six mois qui viennent nous le diront.