Le déficit commercial de la France a atteint l'année dernière 69,6 milliards d'euros. Un an plus tôt, ce déficit s'élevait à 51 milliards... un record 2011 qu'il convient toutefois de relativiser.
70 milliards d'euros... certes, le chiffre n'est pas glorieux mais il cache en réalité la complexité du monde à laquelle notre économie est confrontée. Un déficit commercial s'explique par des exportations en baisse et des importations en hausse. Mais qui dit exportations en baisse, ne veut pas dire systématiquement perte directe pour notre économie. Aujourd'hui, la France importe plus qu'elle n'exporte car sa politique repose sur la consommation intérieure. Les grandes entreprises, traditionnellement exportatrices, vont s'installer de plus en plus à l'étranger où sont situés les parts de marchés et les emplois de demain... c'est sur ce terrain de jeu désormais agrandi que se crée l'activité. Alors c'est vrai, c'est difficile à comprendre quand on perd son emploi en France et que l'on voit s'en créer loin de chez soi mais, au risque d'apparaître froid dans l'analyse, je dirai en résumé que le déficit de notre commerce extérieur est essentiellement le résultat de la désindustrialisation de la France et non d'une perte de dynamique économique. La France a cessé de perdre des parts de marché à l'étranger, sauf dans les pays émergents. Encore une fois, je ne dis pas que la situation n'est pas grave... mais elle n'est pas désespérée, contrairement à ce que l'on entend ici ou là.
Quand-même, tout porte à croire que la France n'est plus une grande puissance exportatrice... comme l'Allemagne par exemple.
Le problème c'est que si tout le monde exporte comme le fait l'Allemagne et que plus personne n'importe pour consommer, l'équilibre des échanges est rompu. Mais, heureusement, tout n'est pas blanc et noir. Si on regarde les chiffres de près, on voit qu'en 2011, nos importations ont augmenté de 11% à 498 milliards d'euros mais nos exportations ont, elles aussi progressé : +8,6% à 429 milliards d'euros. Au total, ce sont près de 120.000 entreprises qui ont vendu leurs produits à l'étranger... il en résulte la création de quelque 90.000 emplois.
Vous parliez de la désindustrialisation de la France, cause de tous nos maux... c'est un vrai problème.
Effectivement. Mais c'est faire peu de cas des PME-PMI qui sont très actives sur le sol français. Elles représentent aujourd'hui plus de 95% du tissu entrepreuneurial tricolore et c'est elles qui créent l'emploi. Encore faut-il les y aider par une politique de compétitivité adaptée (baisse des charges, aide à l'innovation et au mix-intergénérationnel en matière d'emploi)... si on le veut vraiment : les PME-PMI sont les exportatrices de demain.

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