aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Quel avenir pour la petite agriculture ?

le Lundi 12 Mars 2012 à 07:15
  • 2 commentaires
  • Pas encore de votes

WEBREPORTAGE En dix ans, la France a perdu près d'un tiers de ses exploitations agricoles. Les fermes sont moins nombreuses mais plus grandes, un mouvement de concentration et aussi d'industrialisation pour pouvoir faire le poids face à la concurrence mondiale. Les petits agriculteurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur métier. Mais ils se battent pour exister. Tour d'horizon des initiatives de terrain : des éleveurs de Haute-Loire qui veulent créer leur propre marque aux producteurs de la Drôme qui jouent la carte du bio et de la diversification.

L' organisation collective. En Haute Loire, afin d'obtenir de meilleurs prix pour leurs produits, les éleveurs  de la région ont créé une association pour lancer un lait labellisé "lait de Montagne". Il pourrait être vendu 30 centimes d'euros plus cher dans les grandes surfaces, et la plue value serait reversée aux agriculteurs, propriétaires de marque et non à la grande distribution.

Vente directe et diversification. Dans la Drôme, les petits agriculteurs  jouent plutot la carte de la vente directe...via des magasins collectifs tenu a tour de role par les producteurs. D'autres choisissent de diversifier au maximum leurs activités. C'est le cas de la famille Reynaud. Dans cette petite exploitation, on élève chèvres et brebis. On  fabrique des fromages et on cultive aussi de la lavande, des noix, du petit épautre. Et en plus de tout cela, la famille a également crée un camping à la ferme et une table d'hôtes. 

Le bio, avenir ou niche ?

Toujours plus bio, mais à la marge : en France, seules 3% des exploitations agricoles sont aujourd'hui labellisées bio. Ce n'est encore qu'un phénomène marginal mais, chaque année, de plus en plus d'adeptes le rejoignent.

Le bio - l'agriculture biologique - se voit pousser des ailes en France : fin 2010, selon l’Agence Bio, 20.604 exploitations agricoles étaient engagées en agriculture biologique sur 845.440 hectares. Une hausse de 25% du nombre de producteurs et des surfaces en un an !

Sur ces 845.440 hectares, 61% étaient en herbe ou en cultures fourragères, 20% en grandes cultures (céréales, oléagineux, légumes secs), et près de 8% en cultures pérennes (vignes et arbres fruitiers).

Quant à l'élevage, 6.500 exploitations étaient bio fin 2010, soit près d'un tiers des exploitations bio françaises, en hausse de 29% par rapport à 2009.

Près de la moitié des surfaces bio est localisée dans cinq régions : Midi-Pyrénées, Pays-de-la-Loire, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et PACA.

La Drôme, premier département bio de France

En Rhône-Alpes, on s'enorgueillit d'une filière bio particulièrement dynamique. Première région bio de France, dit-on. En nombre d'exploitations. Et troisième en surface. 

Toutes les filières y sont représentées. On peut tout de même noter la forte prépondérance de la filière PPAM, plantes à parfum, aromatiques et médicinales, bio à 26% - ce sont par exemple les champs de lavande, bio aux deux tiers. Arrivent ensuite l'arboriculture (grâce à la part importante des noix et des châtaignes bio) et la viticulture.


Le bio, 3% des surfaces agricoles. Mais 6% des surfaces viticoles

La viticulture serait-elle en avance sur le reste de l'agriculture ? Peut-être la prise de conscience a-t-elle été plus précoce. Dans une filière qui cultive un certain art de vivre, l'idée de métier-passion est assez vivace. L'idée de transmission d'un patrimoine, aussi - puisque la vigne survivra à l'homme, autant la laisser en bon état pour les successeurs... C'est d'ailleurs pour cela que plus le vin est prestigieux, plus nombreux sont les domaines à se convertir au bio. Ou à l'avoir été de tout temps, et à demander enfin le label.

La viticulture bio donc, 6% des surfaces en France. Mais près de 10% en Rhône-Alpes. En dix ans, les surfaces bio ont même augmenté de près d'un tiers. Peut-être grâce à ses appellations prestigieuses, Côte-Rôtie, Condrieu, Hermitage ou Saint-Joseph, entre autres.

.

Pourquoi le bio ? Question pas si anodine qu'il n'y paraît... Au-delà de l'effet de mode, à quoi sert le bio ? Combien ça coûte ? Ces question ont été posées à deux viticulteurs qui, sur le papier, n'ont rien à voir. L'un, Michel Chapoutier, est à la tête d'une des plus grosses maisons de la vallée du Rhône - une maison de négoce, qui possède également quelque 250 hectares de vignes, toutes conduites en bio depuis une vingtaine d'années. L'autre, Laurent Habrard, vient de franchir le pas. Issu d'une lignée de vignerons - il représente la cinquième génération - son millésime 2011 sera le premier labellisé bio. Lui ne possède "que" 15 hectares. Un monde les sépare. Pas si sûr ?

Le négociant Michel Chapoutier se bat pour que l'approche bio devienne universelle - et pas clanique  
 

Lecture
 
Partager

 

2
Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Denise VUILLON (anonyme),
Pourquoi ne faîtes-vous pas référence à l'AMAP qui maintien la petite agriculture locale saine et nourricière. C'est un couple de producteurs qui l'a initiée. Des résistants au productivisme et à l'agro industrie. Grâce à la complicité des consommateurs qui s'engagent sur un contrat une stratégie est mise en place, qui trouve un écho très favorable au retour à l'agriculture fermière. De 0 en 2001 à 6000 aujourd'hui, ne trouvez-vous pas que cette initiative mériterait d'être soutenue. L'association producteurs/consommateurs fait-elle peur comme aux politiques qui n'orientent toujours pas l'agriculture vers ce changement nécessaire et vital. Denise Vuillon
Avatar de anonyme
Yeux durs (anonyme),
Allant dans la Drôme depuis 40 ans et dans le Vaucluse ( vallée clausia), il est evident que mettre des produits "chimiques" sur la vigne ou la lavande était cupide. Rien d'extra ordinaire, le BIO ? C'est simplement re-cultiver, comme cela devrait se faire: partout! Rien de moderne dans cette démarche responsable..et indispensable si nous voulons rester en bonne santé.
aller directement au contenu