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Quand la région Ile-de-France délocalise un centre d'appel téléphonique... au Maroc

le Vendredi 27 Juillet 2012 à 12:39 mis à jour à 17:30
Par Guillaume Gaven

Pour ses relations clients, le Stif, qui organise les transports dans la région, a choisi, après appel d'offres, un prestataire disposant d'une plate-forme téléphonique au Maroc. Arnaud Montebourg a demandé à la région de reconsidérer sa position ; Jean-Paul Huchon dit ne pas avoir eu le choix. Le candidat malchanceux, qui avait promis de maintenir les emplois en France, avait en fait proposé de délocaliser... en Roumanie ! C'est une information exclusive.

C'est l'histoire d'un banal marché public, passé selon les règles en vigueur, mais qui prend un relief particulier vu la situation sociale en France : la région Ile-de-France a choisi le 11 juillet dernier, pour ses transports, de confier l'assistance téléphonique à un prestataire qui dispose d'un centre au Maroc.

Polémique en vue. L'entreprise qui détenait jusque-là le marché menace de devoir licencier 80 personnes. Arnaud Montebourg, très présent ces derniers jours, monte au créneau. Le ministre du Redressement productif demande à Jean-Paul Huchon, président de la région, de "reconsidérer" cette décision. "Nous nous battons pour relocaliser des emplois, ce n'est pas pour accepter qu'on les délocalise."

Les passations de marchés publics sur le grill

Jean-Paul Huchon se défend. Explique qu'il n'y peut rien, que l'appel d'offres a été passé dans les règles. "La rédaction actuelle du code des marchés publics, issue des directives européennes, ne permet pas de favoriser l'exécution de prestations sur le territoire national, voire européen". Il dit lui avoir écrit pour demander de modifier la loi. 

Bref, statu quo. Sauf que le président de la République s'en mêle : "il y a des règles en matière de marchés publics, elles ont été respectées", tranche François Hollande, "pas favorable à une surenchère protectionniste". Mais tout de même : "Je demande à tous les responsables publics d'être très attentifs, chaque fois qu'il est possible, en fonction des règles (...) qu'il y ait un choix qui puisse être favorable au travail en France."

Du coup, quelques heures plus tard, Jean-Paul Huchon a fait savoir, dans un communiqué, qu'il étudierait "toutes les voies légales possibles" pour faire face à cette situation.

La droite, elle, savoure ce cafouillage. Valérie Pécresse rappelle que l'UMP avait voté contre cette décision. Pour la chef de file de l'opposition à la région, "une nouvelle fois, la gauche est prise en flagrant délit de contradiction, comme on a pu le voir sur le dossier de soutien à l'industrie automobile".

Manipulation

La polémique n'est pas terminée. Il semble même qu'une nouvelle polémique se développe à l'intérieur de la première. Car l'entreprise qui n'a pas été retenue par l'appel d'offres, celle qui gérait auparavant le centre d'appels, Webhelp, avait elle aussi proposé d'avoir recours à 50 salariés... en Roumanie !

Le chantage à l'emploi français a bon dos. D'autant qu'entretemps Webhelp a remporté un autre appel d'offres, toujours avec le Stif, celui de la carte Imagine'R.

"Dans l'offre qui n'a pas été retenue, il y avait une délocalisation de 50 personnes en Roumanie", relativise le Stif  
Philippe Sainsard, l'administrateur du Stif, répond à Isabelle Chaillou

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Et l'histoire ne s'arrêtera pas là : Webhelp a fait savoir en fin de journée qu'elle avait décidé d'attaquer l'attribution du marché en justice - en référé. Le patron, Frédéric Jousset, fait état de vices de procédure.

Webhelp vs Stif : parole contre parole - reportage d'Isabelle Chaillou  
 

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Affaire Webhelp / Stif : la polémique politique - Yannick Falt  

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Par Guillaume Gaven
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Benoît (anonyme),
il me semble que la relation clientèle par téléphone est non seulement facilement délocalisable, mais, en plus, elle empêche dans la plupart des cas une relation humaine de qualité. Pour moi, le service public des transports en commun doit avant tout s'appuyer sur la possibilité de contacts entre les usagers et les agents en charge du service public, avec de nombreux points de contacts proches des lieux de transports, des lieux d'habitation, des lieux de travail. Et par nature, ces emplois de proximité ne sont pas délocalisables !
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TORRAS J. (anonyme),
je m'en fout.......
Avatar de anonyme
amandine (anonyme),
Je ne pense pas que webhelp traite ses employés comme du bétail. Au contraire, ça se passe très bien. Je parle au nom de mes collègues et du mien pour remettre les choses au point. Non ce n'est pas toujours facile de travailler dans un centre d'appels mais l'ambiance est formidable et c'est du travail. Ca nous permet de se sentir utile et de payer nos factures. Nous ne sommes pas en train de nous réjouir de la situation. A l'heure actuelle, il n'y a plus de travail dans notre secteur, nous terminerons sans doute à faire la queue au pôle emploi. Et il y a également un sentiment d'impuissance et d'injustice qui grandit en nous. Nous avons tout fait pour être le plus professionnel possible, en prenant notre travail à coeur. Si le Stif disparait, le site entier de Fontenay le Comte disparait et plus de 80 emplois vont être supprimés. De plus, nous perdrons également d'autres personnes travaillant sur d'autres sites qui sont également sur ce projet. Ce qui monte à plus de 100 emplois en moins. Alors je me demande quand l'argent arrêtera de nous dicter notre conduite et quand la France relèvera la tête ? Car sans aide de la part de nos dirigeants et peu importe le domaine qui est à préserver, nous n'y arriveront pas et nous finirons très très mal !
Avatar de anonyme
Faites ce que je dis mais n faites pas ce que je fais..... Socialiste OUI---- social NON
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