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Pour la première fois, la France emprunte à des taux négatifs

le Lundi 9 Juillet 2012 à 16:46 mis à jour à 17:52
Par Pierre Breteau

La France a pu lever 7,7 milliards d'euros "à taux négatif", une première. © Fotolia.com

La France a émis lundi des Bons du Trésor de valeur négative, une situation inédite pour la dette française qui se révèle actuellement extrêmement attractive. Cela signifie que les investisseurs perdent de l'argent pour prêter à l'État français.

Le lundi 9 juillet restera dans les annales économiques françaises, les Bons du Trésor (BTF) sont tombés à un niveau historiquement bas, à respectivement -0,005 % et -0,006 %.

Autrement dit, les investisseurs — dans la crise que connaît la finance mondiale — se ruent sur ces Bons à court terme (de trois à six mois avant de rembourser). Une situation surprenante au premier abord, puisque les investisseurs perdent (un peu) d'argent, mais ces Bons s'avèrent être un placement de bon père de famille en réalité.

"C'est comme louer un coffre-fort à la banque", explique Mathieu Chabran de la société de placement financier Tikehau IM, cité par les Échos. "Cela prouve qu'en ces temps de turbulences financières, la France fait figure de pays sûr", note Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas.

En tout l'Agence France Trésor (agence publique affiliée au ministère de l'Économie), qui a à sa charge de placer la dette française sur les marchés financiers, a pu lever 7,7 milliards d'euros par ce biais.

L'Allemagne toujours destination numéro un

Parmi les investisseurs classiques, comme les institutions, les assureurs ou les fonds de pension ont besoin de placer plusieurs centaines de millions d'euros par semaine.

Et finalement, la note de la France sur les marchés financiers — qui reste très bonne — se révèle de plus en plus rare parmi les pays occidentaux. En effet, la France est toujours notée "triple A" par deux des trois grandes agences de notation, Moody's et Fitch.

Avec la crise européenne autour de la monnaie commune, même si l'Allemagne reste la première destination de ces investissements, la France se révèle plutôt attractive. D'ailleurs, nos voisins allemands avaient — en janvier dernier — déjà emprunté sur un courte période de six mois à -0,012 %.

Par Pierre Breteau
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Vos réactions sur cette info
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FrancisdeNancy (anonyme),
N'oublions pas que les investisseurs ont eux aussi des échéances. Les Spécialistes en Valeur du Trésor (SVT), qui sont les interlocuteurs de l'Agence Française du Trésor (AFT) ont des impératifs "à terme". Une question est : "Que présage tout ceci ? Pourquoi prêter à taux négatif, plutôt que de laisser ses avoirs sur un compte (même à 0%) ?". Et là, se pose la vraie question de la "légitimité de la dette" ! Tant qu'on prête (même négativement), on maintient le système, on peut accepter de perdre 1 million d'euros, si ça permet d'en gagner 10 par ailleurs ....
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Edgard (anonyme),
Je trouve cette conclusion un peu rapide. Les taux d'intérêts négatifs des emprunts de la France sont le signe, certes, qu'ils constituent une valeur refuge. Mais cela montre aussi deux autres éléments inquiétants. La première, la scission de plus en plus grande entre les Pays du sud ( Espagne, Portugal, Italie) et les pays du Nord ( Allemagne, Finlande, Pays-Bas). Donc se constitue une sorte de régionalisation de la dette alors que la monnaie européenne a été créée pour empêcher les dévaluations compétitives. A présent ce sont les taux d'intérêts qui reflètent ces écarts. L'autre élément est qu'il faut éviter de se réjouir trop vite. Les marchés considèrent, dans ce climat flou, qu'il vaut mieux emprunter des titres à court terme pour coffrer ses investissements plutôt que de prendre le risque de s'engager sur des achats sur des titres à long terme. Ce que la finance appelle l"allocation d'actif".
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Beret Man (anonyme),
Ce que raconte cet article est peut être inquiétant. Si des financiers acceptent de perdre un peu d'argent en m'en prétant, n'est-ce pas un pari sur un grand mouvement de déflation ? A supposer une déflation de 2%, ces financiers empocheraient à (court terme) du 2%. En période de déflation c'est un excellent résultat ! Une crise comme le passage du pic de pétrole (nous l'avons déjà atteint. Maxi 90 millions de baril par jour) et la décrue pourra atteindre 5 à 7% l'an d'après un ex ponte d'Exxon. Conséquences immédiates sur l'économie. Concentration des échanges sur les biens de première nécessité dont les couts augmentent. Déflation brutale sur toutes les autres productions. BRRRrrrrr !
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Faut que je propose ce "truc " à mon banquier, qu'il me paie pour que je lui emprunte des sous!!!!!!
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