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Pour Der Spiegel, Paris "tue l'industrie" française

le Lundi 20 Août 2012 à 10:09
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À travers l'exemple des déboires de Peugeot – et du combat autour de l'usine d'Aulnay-sous-Bois – l'hebdomadaire allemand Der Spiegel dresse un constat sombre de l'état de l'industrie française. En supportant à bout de bras les entreprises industrielles, les différents gouvernements creusent en réalité lentement leurs tombes.

En luttant contre la fermeture du site Peugeot d'Aulnay, les syndicats compromettent la survie de l'entreprise selon Des Spiegel © Reuters - Gonzalo Fuentes

Selon Der Spiegel, un exemple récent démontre la dangerosité de la politique industrielle française : celui de la fermeture de l'usine Peugeot d'Aulnay-sous-Bois. En voulant à tout prix sauver les 3.000 emplois du site, l'actuel gouvernement risque en réalité d'empirer les choses.

Car la droite comme la gauche soutiennent fortement les compagnies nationales à coup de subventions  "du moment qu'elles restent loyales au marché français". Au final, les politiques en oublient la mondialisation. Pour les auteurs de l'article, en raison de cette politique, Peugeot produit pour le marché européen, "un marché qui décline, donc Peugeot décline avec".

Une responsabilité partagée

Cette politique de soutien massif de l'emploi industriel hexagonal menée depuis des décennies s'avère donc contre-productive. Et Der Spiegel de citer des contre-exemples : ceux des constructeurs automobiles allemands : en acceptant les règles de la mondialisation, "Volkswagen, Mercedes et BMW emploient maintenant plus de monde qu'ils ne le faisaient il y a 30 ans".

Mais les politiques ne sont pas les seuls en cause raconte l'hebdomadaire,  les syndicats ont également leur part de responsabilité. En empêchant Peugeot de fermer Aulnay-sous-Bois, ils entravent son développement. Pour les auteurs, le constructeur automobile a besoin d'argent pour se développer en Chine, en Inde et au Brésil. Et si l'entreprise continue de perdre de l'argent avec ses usines en France, "cela ne lui permettra pas de conquérir de nouveaux marchés en pleine expansion".

La conclusion de Der Spiegel est sans appel. Le magazine reprend une déclaration d'Arnaud Montebourg "nous nous battrons jusqu'à la mort pour notre tissu industriel". Et la mort; raconte Der Spiegel, pourrait être l'issue.

 

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Vos réactions sur cette info
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Diego (anonyme),
Vote(s) 66
Soyons honnêtes, l'ultra-libéralisme n'est pas une solution et les allemands ont conscience que WV ou BMW n'aurait pas pu monter sans le déclin des grandes marques française (en Argentine par exemple ou WV remplace Renault et Peugeot). Ce qui est dramatique en France c'est que personne ne pense à la redistribution. Il faut bien comprendre que la croissance n'existe plus en Europe. Si l'Allemagne est un pays fort c'est parce que les GMBH sont des entreprises dont 49% des décisions sont prises par les employés, rien ne se fait sans eux. De même que de puissants syndicats assurent un lien efficace entre Etat et ouvriers. En France, rien de tout cela n'existe, la classe politique vit au XVIIIème siècle et défend ses privilèges, les syndicats, quant à eux, sont essentiellement une caution ouvrière sans réelle profondeur. L'internationalisation réussie de l'Allemagne est due à une redistribution (certes inégalitaire) à tous les niveaux et sur ce point, la France bloque, si une puissante dynamique d'Etat existe au pays Molière, celui de Goethe "tiens" bien mieux ses banques et entreprises, elles restent pour l'heure, en France, sans réel contrôle et bénéficient de privilèges les exonérant (de manière directe ou non) largement.
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Vote(s) 77
Arrêtons de blâmer l'industrie, le gouvernements etc... La faute majeure de cet état de choses revient aux syndicats français, qui, contrairement aux syndicats allemands, ne voient pas plus loin que leur nez et font tout - probablement inconsciemment - pour couler "l'ennemi", les entreprises et le capitalisme.
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Vote(s) 74
Le gros problème en France c'est qu'on veut des produits de qualité réalisés en France pour pas cher, tout en ayant un bon salaire et une protection sociale excepionnelle... À un moment, faut choisir.... On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...
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GeorgeGe (anonyme),
Vote(s) 80
La vision des puissants qui dirigent le monde est la suivante: un occident sans usine ou la majorite serait sans emploi et vivrait des allocations et un tiers monde usine ou les gens travailleraient pour des salaires de misere a produire des choses qui seront vendus en occident.... Le meilleur des mondes pour les financiers mais l'enfer pour la grande majorite.
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Grégory Wanlin (anonyme),
Vote(s) 81
Bonne analyse du Spiegel. Dans le capitalisme, il y a des gagnants et des perdants. Si l'Etat refuse ce postulat et renfloue ad vitam les perdants, c'est tout le tissu industriel qui s'affaiblit.
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Christine LAGARDE (non je rigole) (anonyme),
Vote(s) 76
Ce qui tue l'industrie c'est aussi la financiarisation de notre économie, le maintien sous tutelle des PME/PMI par les très grandes entreprises (type CAC) qui réalisent leur profit en étranglant les petites, l'absence de vision des dirigeants de l'Industrie Francaise, leur politisation, leur consanguinité (les participations croisées dans les conseils d'administration), etc ... Enfin n'oublions pas les politiques, avec plus de 5 ans sans politique industrielle dans ce pays... Faut-il relancer le commissariat au plan ? peut être bien quand on regarde l'absence de vision et de conscience du bien commun trop fréquent dans les milieux patronaux.
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Gilles Sentenac (anonyme) @ Christine LAGARDE (non je rigole) (anonyme),
Vote(s) 73
100% d'accord avec cette annalyse , il n'y a plus de politique industrielle à long terme depuis Pompidou. Ce n'est ni un problème de gauche ni de droite c'est que l'ensemble des politiques français et une trop grande part de nos industriels sont issu d'une école l'Ena qui ne prépare en rien à comprendre l'industrie mais juste à la financiariser. Bref vive la vision à long terme que nous permettait les grands plans industriels des gouvernements d'antan.
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Tonton Piot (anonyme),
Vote(s) 84
Ce qui tue l'industrie c'est l'industrie elle-même.....Et ses dirigeants qui ont tous manqué de vision, de créativité, de bon sens, de pragmatisme, de maturité..Ils se sont comportés comme des enfants gâtés par un Etat bon père de famille et un poil trop attentif. Insouciance et démagogie de dirigeants incompétents. On sait depuis plus de quarante ans que les réserves des pétrole vont s'épuiser....Et qu'un jour nous devrons faire autrement.