Le Conseil des ministres a examiné mercredi le projet de loi créant les 150.000 "emplois d'avenir" promis pendant la campagne électorale. Ces emplois, subventionnés par l'État et principalement destinés aux jeunes de moins de 25 ans, ressemblent beaucoup aux emplois jeunes de l'époque Lionel Jospin.
Le Conseil des ministres va examiner aujourd'hui le projet de loi sur les emplois d'avenir © Maxppp - PHOTOPQR/LE PROGRES/CELIK ERKU
C'était l'une des promesses majeures de la campagne électorale de François Hollande. Proposer des "emplois d'avenir" aux jeunes sans qualification. Ils bénéficieront aux jeunes de 16 à 25 ans, avant tout issus "des zones urbaines sensibles" et des zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne. Quelque 120.000 jeunes sortent chaque année de l'Éducation nationale sans diplôme.
Le Conseil des ministres a examiné mercredi le projet de loi. Ce texte sera le premier soumis aux parlementaires lors d'une session extraordinaire qui devait s'ouvrir la semaine du 24 septembre et a été avancée à celle du 10, les textes étant "prêts", a précisé le ministre chargé des Relations avec le Parlement Alain Vidalies après le Conseil des ministres.
Coût de la mesure : 2,3 milliards d'euros dans le budget 2013
L'objectif est de signer au plus tôt les premiers contrats, avant même le 1er janvier si services de l'Etat et futurs employeurs sont prêts, a annoncé le ministre du Travail Michel Sapin.
Les emplois d'avenir ressemblent aux emplois jeunes créés par Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Ainsi, l'État financera ces nouveaux emplois à hauteur de 75% du SMIC brut pendant un à trois ans. À charge ensuite pour les employeurs de verser le reste. Néanmoins les différences sont importantes.
- Le nombre d'emplois : le gouvernement Jospin avait créé 300.000 emplois jeunes en cinq ans. Le gouvernement Ayrault en créera moitié moins, 150.000 en 2014, dont 100.000 dès 2013. Une question d'économie en pleine période de restriction budgétaire.
- La durée : les emplois jeunes étaient prévus pour une durée de cinq ans maximum. Ce sera entre un et trois ans pour les emplois d'avenir.
- Les
secteurs éligibles au dispositif : comme
pour le précédent dispositif, ces nouveaux emplois sont principalement destinés
aux associations et aux collectivités locales.
Néanmoins, le secteur privé pourrait également en bénéficier sous certaines conditions, "dans des activités d'avenir ou dont l'utilité sociale est avérée": filière verte, secteur social, aide aux personnes, filières numériques, tourisme. Une partie de ces emplois pourrait aussi être proposée aux étudiants boursiers. Une dérogation est aussi prévue pour l'Education nationale qui pourra embaucher, sur trois ans, 18.000 étudiants boursiers à bac+2 se destinant à l'enseignement, sorte de "pré-recrutement".
Dans le budget 2013, 2,3 milliards d'euros seront inscrits pour la mesure, dont le coût est estimé à 1,5 milliard par an "en rythme de croisière".
Un dispositif diversement accueilli
L'opposition de droite s'est élevée contre une "solution ringarde et dépassée", une "idée décongelée". Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), estime qu'ils peuvent être une solution dans l'environnement difficile du moment, qui risque de perdurer.
Les emplois d'avenir fustigés à droite et défendus à gauche : Annaïg Haute
Le ministre du Travail Michel Sapin a indiqué que les négociations sur les "contrats de génération", autre promesse du gouvernement, s'engageraient "la semaine prochaine". Ces contrats doivent permettre de favoriser l'embauche en CDI des jeunes et le maintien en emploi des seniors.

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