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Nouvelle hausse des prix du gaz : la demande de GDF Suez est-elle légitime ?

le Jeudi 13 Septembre 2012 à 05:50
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Après une hausse de 2 % en août dernier, les prix du gaz vont-ils encore augmenter ? GDF Suez réclame une nouvelle hausse au 1er octobre, 7 % cette fois, pour couvrir une augmentation de ses coûts d'approvisionnement. Cette demande est-elle légitime ?

GDF Suez dit vrai.

Les tarifs réglementés de l'énergie, fixés par le gouvernement, peuvent être revus tous les trois mois : 1er août – 1er octobre, on est dans les clous.

Sur le fond maintenant.
Les prix sont fixés par une formule mathématique très complexe, inscrite dans la loi, laquelle stipule que GDF Suez peut répercuter sur ses clients la hausse de l'ensemble de ses coûts : approvisionnement, acheminement, distribution.
Sur la base de cette formule, la requête de GDF Suez est double : déjà 1 % pour faire face à la hausse des prix d'achats du gaz depuis le 1er août. Requête "crédible", selon l'économiste de l'énergie Francis Perrin, directeur de la publication de la revue Pétrole et gaz arabe.
Mais GDF Suez demande aussi un rattrapage de 6 %. Une demande elle aussi légitime, selon Francis Perrin, car cela fait plusieurs mois que l'Etat ne respecte pas la loi : le 1er août déjà, "on estime que l'augmentation aurait dû être d'au moins 7 à 8 % alors que le gouvernement a choisi, pour des raisons politiques, économiques et sociales, de limiter cette hausse à 2 %", soit le niveau de l'inflation, explique Francis Perrin.

Endettement du consommateur

En voulant préserver les Français d'une hausse trop forte, le gouvernement a mis le consommateur en situation d'endettement, en quelque sorte, vis-à-vis de GDF Suez. L'opérateur gazier demande aujourd'hui un rattrapage, et il a la loi pour lui.
Tout comme il l'a déjà eue au début de l'été, quand le Conseil d'Etat a validé un premier rattrapage, celui qui correspondait au gel des tarifs pour trois mois, que le gouvernement Fillon avait instauré en octobre 2011. Ce premier rattrapage sera étalé sur deux ans.

En quatre ans, sur la période 2008-2012, la facture de gaz a grimpé de 31,2 %. Et la tendance n'est pas prêt de s'inverser : car les cours du gaz sont indexés sur ceux du pétrole, c'est écrit noir sur blanc dans les contrats qui nous lient à nos fournisseurs, Russie et Algérie pour ne citer que les principaux. La demande de pétrole est forte, les prix sont sur une tendance lourde à la hausse : ceux du gaz vont donc suivre. Inexorablement.

 

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Nous et les actionnaires, c'est loin d'être la même chose ! Je n'ai jamais touché de dividendes. Pourquoi ce "manque à gagner", discutable, n'est pas ponctionné sur les très larges dividendes des actionnaires (déjà bien riches) ? Ahhh pardon, c'est aux ménages endettés de payer...pour permettre de payer les dividendes...j'avais pas compris ! Révolte !!!
Avatar de anonyme
François (anonyme),
J'ai appris cet après midi que le gouvernement n'accepterait pas cette hausse... Mais, petite question: GDF Suez appartient à l'état à 80%. Les contrats passés avec l'étranger stipulent que le prix payé pour l'achat de leur gaz est indexé sur le prix du pétrole. Si GDF ne peut répercuter la hausse de tarif sur ses clients, il faudra bien que quelqu'un paye la différence. Donc l'actionnaire ( nous). Bref, si le tarif de vente en France augmente, c'est le consommateur qui paye, et s'il reste inchangé, c'est le contribuable qui paye ( la même chose)...Il y a juste un peu plus de vaseline dans le deuxième cas...
Avatar de anonyme
Que les journalistes se rencardent et informent sur les couts d'extraction du gaz et de sa disponibilité par rapport au pétrole brut, après les gens comprendront qu'indexer son prix sur celui du pétrole est simplement une aberration... juste pour faire plus d'argent.
Avatar de anonyme
Il est anormal que les consommateurs payent une augmentation rétroactive, car à mon sens, c'est contraire aux clauses contractuelles qui lient commercialement l' acheteur (consommateur) et son fournisseur. Par contre, il me semble que c'est à l' Etat de payer le préjudice dont est victime GDF-SUEZ, car lui seul est responsable de ce contentieux.
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