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My Major Company dans la tourmente

le Mercredi 30 Janvier 2013 à 07:15
  • 11 commentaires
  • Votre évaluation : Aucun Moyenne : 4.5 (10 votes)

Une mauvaise passe pour My Major Company, le premier label qui devait permettre au grand public de financer des artistes. De nombreux producteurs et artistes révoltés se sentent floués par les dirigeants du site internet. Après avoir inondé le web de leurs commentaires, certains envisagent des poursuites judiciaires.

Capture d'écran du site My Major Company

C'était en décembre 2007, quatre jeunes garçons dont Michaël Goldman, le fils du chanteur à succès Jean-Jacques Goldman lançaient My Major Company. Un site internet qui permettait à de jeunes talents de sortir un album grâce au financement d'internautes producteurs. L'idée était novatrice et à contre-courant de ce que proposaient les labels en place.

Grégoire, le premier artiste My Major Company

Le site a connu un succès fulgurant avec le chanteur Grégoire, début 2008. Le tout premier artiste My Major Company a explosé et vendu un million d'exemplaires de son premier album  financé par 347 internautes qui ont réuni la somme de 70.000 euros. Tournées à guichets fermés, plateaux télé... On l'a vu partout.

Grégoire, ça a été le  jackpot pour pour tout le monde : Warner le distributeur, My Major Company le label, l'artiste et les internautes qui ont récupéré 25 fois leur mise. Le label évoque un internaute qui a misé 6.000 euros et a touché 130.000 euros. Sauf que ce succès fulgurant ne s'est  jamais reproduit.

Mais avec toute la publicité autour, les internautes, eux, ont continué de miser en masse sur leurs coups de coeur musicaux. Et aujourd'hui, sur la cinquantaine d'artistes financés, seuls deux albums se sont bien vendus (sans atteindre le niveau de Grégoire) ceux de Joyce Jonathan, partie entre temps dans une autre maison de disques, et celui de Irma.

Un modèle très critiqué

Cinq ans après sa création, My Major Company est sous le feu des critiques. Des critiques relayées par plusieurs articles de presse contre la société et son numéro un, Mickael Goldman. Opacité sur les comptes et les dépenses liées aux projets, une communication et une promotion bâclée ou inexistante. Certains internautes soupçonnent même une escroquerie à la Madoff.

Les blogs et commentaires de producteurs mécontents fleurissent sur le Net. Un groupe Facebook, qui compte plusieurs centaines de membres a été créé. Certains mécontents pensent à une action en justice groupée.

Quand des artistes vont voir ailleurs après avoir rompu leur contrat

Face à la salve de critiques, My Major Company reste droit dans ses bottes et rejette de A à Z les critiques formulées par les producteurs. L'argument du numéro deux, Sevan Barsikian, c'est que 70% des recettes de MMC sont liées aux ventes d'albums et que le développement d'artistes est le cœur de l'activité de la société : "C'est normal qu'on rende des comptes à l'internaute qui donne de l'argent. On ne les rend pas spontanément, parce que cela n'a jamais été la philosophie de la boîte ; mais quand c'est demandé, on rend des comptes. Il n'y a pas d'opacité sur les budgets. Mais on ne peut pas 'vendre' tous les artistes : à un moment donné, quand vous avez trop d'artistes au catalogue, forcément il y a de la casse."

Sauf qu'avec une majorité de chanteurs encore très confidentiels, My Major Company dit quand même réaliser aujourd'hui un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros.

Le débat ne fait que commencer et montre les limites du modèle. Le concept était une fausse bonne idée au départ, selon Emmanuel Torregano, rédacteur en chef du site Electron Libre, qui rappelle qu'en voulant couper l'herbe sous le pied aux labels traditionnels, My Major Company a agi exactement comme eux, et que l'idée de départ était une utopie. Pour preuve, depuis sa création, le site a connut...quatre versions différentes.

Et aujourd'hui, il n'est plus possible d'investir sur un artiste avec retour financier. My Major Company ne fait plus que du "crowfunding", le financement par la foule d'un projet, un genre de mécénat. Un modèle qui marche très bien aux Etats-Unis (Kickstarter est un bon exemple) et que la ministre chargée du numérique Fleur Pellerin veut développer en France.

Aujourd'hui, My Major Company finance des projets comme le chantier du Panthéon, des cours de cuisine, des spectacles et un peu de musique. Mais pour les producteurs investisseurs, la partie n'est pas finie.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
France Info oublie qu'il y a aussi des AUTEURS et des LIVRES sur MMC ! Grande nouveauté depuis les anciennes moutures (MMC-Books), nous avons désormais une jauge afin de pouvoir faire publier nos romans respectifs (ce qui reste RARE dans le milieu de l'édition). ATTENTION SVP à ne pas jeter les petits (mais SINCÈRES, HONNÊTES, PASSIONNÉS et RÉACTIFS) porteurs de projets littéraires avec le bain des critiques à l'encontre du LABEL (qui plus est : version antérieure à mai 2012). Si France Info veut sponsoriser mon LIVRE pour m'aider à remonter la pente glissante sur laquelle les médias entrainent mon roman jeunesse (le premier du genre sélectionné par MMC !), vous êtes BIENVENUS !!!
Avatar de anonyme
lancien (anonyme),
Hélas cela ressemble beaucoup aux combines en vogue dans les années 80 et 90 dans le ''show-biz'' avant internet. De toute façon produire un CD avec les techniques d'aujourd'hui ne revient absolument pas, mais vraiment absolument pas !. à 100 000 euros !... même avec la promo.
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lancien (anonyme),
Hélas cela ressemble beaucoup aux combines en vogue dans les années 80 et 90 dans le ''show-biz'' avant internet. De toute façon produire un CD avec les techniques d'aujourd'hui ne revient absolument pas, mais vraiment absolument pas !. à 100 000 euros !... même avec la promo.
Avatar de anonyme
Bizarement, j'ai eu, en tant qu'artiste le même problème avec un label du même genre appelé MY CORNER BAR, des producteurs anonymes qui ont investi dans mon projet d'album à Hauteur de 15 000 euros dont je n'ai jamais vu la couleur à ce jour !!! je ne sais absolument pas ce que cet argent est devenu !!!
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